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Article mis à jour le 09/09/2010
Le dossier Biodiversité

 

La biodiversité de la prairie à la pelouse

Les pelouses, les prairies ou l'enherbement des vignes réclament des variétés de graminées adaptées à la fonction que l'on attend d'elles. Le sélectionneur doit alors puiser dans la richesse floristique du monde entier pour trouver les bons caractères et les rassembler dans de nouvelles variétés. C'est ce processus de longue haleine qui permet à nos pelouses de rester vertes plus longtemps, aux fourrages d'avoir gagné en valeur nutritive pour les animaux, et aux vignes d'avoir trouvé une solution à l'érosion des sols.

Un travail de fourmi...

La collecte et la caractérisation sont à la base des programmes de sélection en fourragères et gazons. Quand les prospecteurs ramènent de nouveaux écotypes, ils ne savent pas toujours quelles qualités ils recèlent.

Pour les utilisations en prairies, les échantillons de populations différentes sont mis à pousser en petites parcelles expérimentales. Ils sont soigneusement observés sur 3 ans, pour étudier le rendement saisonnier, annuel et pluriannuel. Aptitude à la repousse, résistance aux maladies, vitesse d’implantation, qualité pour l'alimentation des animaux renseignent sur les avantages économiques des variétés. La sécheresse, le froid, la submersion, l’ombre, la salinité… sont testés pour juger de l’adaptation à un milieu spécifique.

Pour les utilisations gazons, on testera la résistance au piétinement, la finesse des feuilles, la densité et les qualités esthétiques : personne ne voudrait d’une pelouse qui changerait de tons avec les saisons, comme le font certaines variétés très anciennes.

...et de patience

La sélection des fourragères et des gazons est un travail de longue haleine. Trois années sont nécessaires pour croiser des plantes pérennes et une année pour les plantes « élite », parentes des variétés hybrides. Et cela pendant 10 à 12 cycles. Total : environ… 50 ans !

Autant dire que les sélectionneurs n’ont pas intérêt à travailler sur du matériel génétique « sauvage ». Ils partent de matériel déjà sélectionné, avec des caractères déjà bien orientés, et effectuent des croisements chaque année.

Parmi les milliers d’essais testés dans les vertes petites parcelles, seuls 2% serviront à créer les plantes du futur. Une aiguille dans une botte de foin !

De la mixité à la spécialisation

Puisqu'il s'agit des mêmes espèces, qu'elles soient utilisées comme plantes fourragères pour les prairies ou comme gazons, les variétés de graminées ont longtemps été mixtes. Aujourd’hui, les critères requis pour ces deux usages sont bien connus et les variétés sont spécialisées. Les variétés fourragères doivent avoir de bonnes qualités nutritives, des longues feuilles mais aussi une bonne digestibilité pour le bétail. Pour les gazons, les variétés doivent présenter une bonne densité, des feuilles courtes et fines et résister au piétinement et à l'arrachement. L’idole des terrains de sport est ainsi le ray-grass anglais, avec le pâturin des près et la fétuque élevée.

 

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Bandes fleuries dans un vignoble du Beaujolais. 2 bénéfices en un : lutte contre l'érosion et biodiversité favorisée ! © Daniel Mathieu

 

Vidéos

Biodiversité pour fourrages aux petits oignons
Biodiversité pour fourrages aux petits oignons

Annick Basset, sélectionneur chez Jouffray-Drillaud , explore la variabilité offerte par la nature pour la mettre au service des éleveurs. Extrait des journées biodiversité Gnis 2010. © Metaphore production.


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Des centaines d'écotypes répertoriés

L’INRA, en partenariat avec des semenciers, a collecté et caractérisé des centaines d’écotypes. Par exemple ce travail a été effectué en ray-grass anglais et en fétuque à fines feuilles, une autre espèce utilisée pour les gazons.

 

La prospection des plantes est encadrée

Les pays en développement concentrent plus de 80% de la biodiversité mondiale. La convention de Rio en 1992 encadre la prospection de biodiversité - la recherche de plantes et d’animaux susceptibles de contenir un intérêt génétique et commercial.
Les pays prospectés sont indemnisés sur la base du partage des bénéfices tirés de leurs ressources génétiques.

 

Herbe et vigne : un mariage heureux

Dans le midi de la France, certains vignobles sont ravagés par le phénomène d’érosion, qui appauvrit les sols, met à nu les racines par le ruissellement des eaux de pluie et oblige à remplacer les pieds.
Une solution : l’enherbement. L’herbe, en ralentissant le ruissellement, protège la terre et limite l’érosion.


Encore faut-il trouver une plante fourragère adaptée au climat du sud, qui ne poussera pas trop haut et résistera aux maladies comme aux passages des vignerons… Des écotypes en Espagne et dans le Languedoc semblent contenir les qualités requises et sont actuellement sélectionnés.

 

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