La diversité des plantes de nos régions

Si les champs donnent parfois l’impression d’une certaine uniformité lorsque l’on sillonne la France, la monotonie de ce que l’on appelle « les grandes cultures » n’est qu’apparente, et l’œil averti saura repérer les spécificités agricoles régionales.

Paysage agricole du Sud ouest de la France © Gnis-Studio 77

La mosaïque des espaces agricoles

Il existe bien sûr des productions répandues sur une grande partie du pays (le blé ou le maïs), mais les particularités du sol et celles du climat (ensoleillement et pluviométrie) favorisent certaines espèces cultivées.

Des granits pyrénéens aux sables de la vallée de la Loire, de la Provence sèche à la Bretagne humide, les conditions changent, à l’image des végétaux qui s’y sont adaptés, sélectionnés de génération en génération depuis la naissance de l’agriculture. Les végétaux sont ainsi le reflet des terroirs. Ils correspondent à la conjugaison d’un sol, des conditions climatiques et du travail des hommes. 

En route pour un tour d’horizon de quelques « grandes cultures » !

  • Le blé dur, céréale blonde qui sert à fabriquer semoules et pâtes, est plus sensible au froid que le blé tendre, blé panifiable, mais il résiste mieux à la sécheresse. Alors que le blé tendre est cultivé partout en France, le blé dur, muni de longs poils appelés « barbes », est principalement cultivé dans le sud et l'ouest du pays.
  • Le sarrasin, malgré son appellation de « blé noir », n’est pas une graminée mais une plante pourvue de fleurs blanches mellifères. Il permet de mettre en valeur des sols pauvres et est principalement cultivé en Bretagne, en Normandie et en Auvergne. Outre ses caractéristiques nutritionnelles intéressantes, il est prisé pour les couverts intermédiaires.
  • Grâce à la racine blanche de la betterave sucrière, la France est un des principaux producteurs de sucre. Cette plante bisannuelle sert aussi à la fabrication d’alcool et d’agro carburants. Affectionnant un climat humide et pas trop chaud, elle est cultivée dans le nord et l’est de la France.
  • On utilise les fibres de la tige du lin textile pour les vêtements, le linge, les matériaux isolants, dans l’alimentation animale ou en paillage. La culture de cette « fleur bleue » est délicate. Le climat doux et humide des régions Normandie et Nord-Pas-De-Calais donne une fibre réputée « la meilleure du monde ».
  • Le triticale est un croisement entre le blé et le seigle. Il cumule les avantages de chacun, résistant au froid et aux maladies comme le seigle, et offrant de bons rendements, comme le blé. Il est utilisé partout en France (sauf dans le nord) comme plante fourragère (servant à la nourriture des animaux).
  • La luzerne, aussi appelée « grand trèfle », est une légumineuse et fait partie des plantes fourragères les plus cultivées sur la planète. Ses racines profondes lui confèrent une bonne résistance à la sécheresse. On la trouve préférentiellement dans l’ouest, le sud et l’est de la France.
  • Le tournesol est cultivé pour ses graines riches en huile, utilisées pour l’alimentation humaine. Après extraction de l’huile, les résidus (tourteaux) servent en alimentation animale. Préférant les climats chauds et secs, à l’image de sa grande fleur jaune, sa culture se développe dans le sud-ouest, le centre et la Côte-d’Or.
  • L’orge est la plus ancienne céréale cultivée. Caractérisée par ses épis aux longues « barbes », il est une importante ressource en alimentation animale et sert à la fabrication de la bière et du whisky. Sa culture, importante en France, est plutôt répartie au nord du pays.
  • Le colza est une plante de la même famille que le chou, et dont les fleurs jaunes illuminent le printemps. Ses graines riches en huile sont utilisées pour la fabrication d'huile et d'agro carburants. Résistant au froid et structurant pour le sol, il est surtout cultivé dans la moitié nord de la France.
  • A maturité, un champ de soja ne se confond avec aucun autre, grâce à ses fleurs mauves suivies de gousses duveteuses. La richesse nutritionnelle de cette légumineuse tient en sa teneur en huile et en protéines. Elle est utilisée pour l’alimentation animale et humaine. Exigeante en chaleur et en eau, elle est surtout cultivée dans le sud et l’est de la France.
  • Le maïs doux, ou maïs sucré, est couramment consommé comme légume. La culture de cette grande graminée d’origine tropicale nécessite de l’humidité et un climat doux. En France, il est principalement cultivé en Aquitaine et dans la région Centre.
  • La lentille, légumineuse parmi les premières cultures humaines, possède un grain riche en protéines, ce qui en fait un aliment de choix. Dotée de fleurs blanches ou bleues, elle présente un intérêt agronomique fondamental. Résistante au froid, elle est cultivée notamment dans le centre et l’est de la France.
  • Le sorgho est une culture vivrière traditionnelle en Afrique, qui ressemble au maïs. Elle est la cinquième céréale consommée dans le monde, après le maïs, le riz, le blé et l'orge. Sa très grande résistance à la chaleur conférée par un profond système racinaire favorise son développement dans l’ouest et le sud de la France, où elle est cultivée pour l’alimentation du bétail.

Des spécificités régionales en évolution

Mais rien de tout cela n’est statique. La production de blé noir augmente en Bretagne, fruit d’une demande accrue mais aussi parce que cette plante constitue un excellent couvert végétal. Ces spécialités régionales sont sujettes à évolution, selon la demande des consommateurs, de plus en plus friands de produits de proximité et selon le travail des sélectionneurs. L’évolution de la répartition des cultures peut également dépendre des conditions et changements climatiques.

Au-delà de cette variabilité des espèces, il existe aussi une immense diversité variétale. La lentille se décline par exemple, suivant les régions, en Lentille verte du Puy, Lentille blonde du Cantal ou Lentille rosée ou brune de Champagne. De même, plus de deux cents variétés de blé sont cultivées en France.

Pour une agriculture durable

Les agriculteurs recherchent également la meilleure rotation des cultures pour éviter l’épuisement des sols et le développement des parasites.

Pour des cultures importantes, ils cultivent souvent plusieurs variétés pour limiter les risques. Les agriculteurs sont également de plus en plus attentifs à l’ensemble de la biodiversité sur les exploitations.

Retrouvez sur ce poster : le blé dur, le sarrasin, la betterave sucrière, le lin textile, le triticale, la luzerne, le tournesol, le soja, le maïs doux, la lentille et le sorgho.

  • Ce qu’on appelle « céréales » dans le domaine alimentaire (maïs, riz, blé, orge, sorgho…) fait souvent référence à une grande famille de plantes appelée « graminées ».
  • Les légumineuses forment une autre famille botanique ayant la particularité de fixer l’azote atmosphérique, élément chimique précieux dans le développement des plantes, car constitutif des acides aminés puis des protéines.
  • Céréales et légumineuses sont de bonnes alliées dans les champs car les légumineuses « enrichissent » le sol en azote disponible ensuite pour les céréales, sous forme d’engrais vert. Mais elles sont aussi complémentaires dans l’assiette ! Conjuguées, elles présentent l’ensemble des acides aminés dits « essentiels » car ils nous sont apportés exclusivement par l'alimentation, notre corps ne les synthétisant pas. Ce n’est pas le fruit du hasard si cette combinaison se retrouve dans nombre de plats traditionnels : couscous et pois chiches, riz et lentilles…

La rotation des cultures est la succession de plantes différentes (graminées, crucifères, légumineuses …) sur une même parcelle agricole. C’est une technique visant au maintien voire à l'amélioration de la fertilité des sols. Elle contribue à rompre le cycle des organismes nuisibles (mauvaises herbes et ravageurs). Puisant des nutriments variés, les différentes espèces ne menacent pas l’équilibre chimique du sol. L'emploi de légumineuses enrichit par ailleurs la terre en azote. La différence entre les systèmes racinaires qui se succèdent permet une amélioration de la structure du sol. La composition des différents résidus de cultures participe à la qualité de la matière organique. L’activité biologique du sol est ainsi favorisée.

Les couverts végétaux sont très précieux en agriculture. Ces cultures ne sont pas semées pour de futures récoltes, mais intercalées entre deux cultures pour éviter une terre « nue », structurer le sol et apporter des bénéfices à long terme. Ils empêchent la prolifération des mauvaises herbes, freinent l'érosion grâce à la présence des racines, préservent la matière organique du sol et constituent en fin de vie une source d’engrais vert.

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