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Si les champs donnent parfois l’impression d’une certaine uniformité lorsque l’on sillonne la France, la monotonie de ce que l’on appelle « les grandes cultures » n’est qu’apparente, et l’œil averti saura repérer les spécificités agricoles régionales.
La mosaïque des espaces agricolesLa diversité définit l’agriculture et les métiers qui s’y rattachent. L’hétérogénéité de notre territoire conditionne les types de cultures. Il existe bien sûr des productions répandues sur une grande partie du pays (le blé ou le maïs), mais les particularités du sol et celles du climat (ensoleillement et pluviométrie) favorisent, selon les régions, certaines espèces cultivées.Des granits pyrénéens aux sables de la vallée de la Loire, de la Provence sèche à la Bretagne humide, les conditions changent, à l’image des végétaux qui s’y sont adaptés, sélectionnés de génération en génération depuis la naissance de l’agriculture.
Des champs qui font la diversité des paysagesLes végétaux sont ainsi le reflet des terroirs. Ils correspondent à la conjugaison d’un sol, des conditions climatiques et du travail des hommes.En route pour un tour d’horizon de quelques « grandes cultures » ! Le blé dur, céréale blonde qui sert à fabriquer semoules et pâtes, est plus sensible au froid que le blé tendre, blé panifiable, mais il résiste mieux à la sécheresse. Alors que le blé tendre est cultivé partout en France, le blé dur, muni de longs poils appelés « barbes », est principalement cultivé dans le sud et l'ouest du pays. Le sarrasin, malgré son appellation de « blé noir », n’est pas une graminée mais une plante pourvue de fleurs blanches mellifères. Il permet de mettre en valeur des sols pauvres et est principalement cultivé en Bretagne, en Normandie et en Auvergne. Outre ses caractéristiques nutritionnelles intéressantes, il est prisé pour les couverts intercultures. Grâce à la racine blanche de la betterave sucrière, la France est un des principaux producteurs de sucre. Cette plante bisannuelle sert aussi à la fabrication d’alcool et d’agrocarburants. Affectionnant un climat humide et pas trop chaud, elle est cultivée dans le nord et l’est de la France. On utilise les fibres de la tige du lin textile pour les vêtements, le linge, les matériaux isolants, dans l’alimentation animale ou en paillage. La culture de cette « fleur bleue » est délicate. Le climat doux et humide des régions Normandie et Nord-Pas-De-Calais donne une fibre réputée « la meilleure du monde ». Le triticale est un croisement entre le blé et le seigle. Il cumule les avantages de chacun, résistant au froid et aux maladies comme le seigle, et offrant de bons rendements, comme le blé. Il est utilisé partout en France (sauf dans le nord) comme plante fourragère (servant à la nourriture des animaux). La luzerne, aussi appelée « grand trèfle », est une légumineuse et fait partie des plantes fourragères les plus cultivées sur la planète. Ses racines profondes lui confèrent une bonne résistance à la sécheresse. On la trouve préférentiellement dans l’ouest, le sud et l’est de la France. Le tournesol est cultivé pour ses graines riches en huile, utilisées pour l’alimentation humaine. Après extraction de l’huile, les résidus (tourteaux) servent en alimentation animale. Préférant les climats chauds et secs, à l’image de sa grande fleur jaune, sa culture se développe dans le sud-ouest, le centre et la Côte-d’Or. L’orge est la plus ancienne céréale cultivée. Caractérisée par ses épis aux longues « barbes », il est une importante ressource en alimentation animale et sert à la fabrication de la bière et du whisky. Sa culture, importante en France, est plutôt répartie au nord du pays. Le colza est une plante de la même famille que le chou, et dont les fleurs jaunes illuminent le printemps. Ses graines riches en huile sont utilisées pour la fabrication d'huile et d'agrocarburants. Résistant au froid et structurant pour le sol, il est surtout cultivé dans la moitié nord de la France. A maturité, un champ de soja ne se confond avec aucun autre, grâce à ses fleurs mauves suivies de gousses duveteuses. La richesse nutritionnelle de cette légumineuse tient en sa teneur en huile et en protéines. Elle est utilisée pour l’alimentation animale et humaine. Exigeante en chaleur et en eau, elle est surtout cultivée dans le sud et l’est de la France. Le maïs doux, ou maïs sucré, est couramment consommé comme légume. La culture de cette grande graminée d’origine tropicale nécessite de l’humidité et un climat doux. En France, il est principalement cultivé en Aquitaine et dans la région Centre. La lentille, légumineuse parmi les premières cultures humaines, possède un grain riche en protéines, ce qui en fait un aliment de choix. Dotée de fleurs blanches ou bleues, elle présente un intérêt agronomique fondamental. Résistante au froid, elle est cultivée notamment dans le centre et l’est de la France. Le sorgho est une culture vivrière traditionnelle en Afrique, qui ressemble au maïs. Elle est la cinquième céréale consommée dans le monde, après le maïs, le riz, le blé et l'orge. Sa très grande résistance à la chaleur conférée par un profond système racinaire favorise son développement dans l’ouest et le sud de la France, où elle est cultivée pour l’alimentation du bétail.
Des spécificités régionales en évolutionMais rien de tout cela n’est statique. La production de blé noir augmente en Bretagne, fruit d’une demande accrue mais aussi parce que cette plante constitue un excellent couvert végétal. Ces spécialités régionales sont sujettes à évolution, selon la demande des consommateurs, de plus en plus friands de produits de proximité et selon le travail des sélectionneurs. L’évolution de la répartition des cultures peut également dépendre des conditions et changements climatiques.Au-delà de cette variabilité des espèces, il existe aussi une immense diversité variétale. La lentille se décline par exemple, suivant les régions, en Lentille verte du Puy, Lentille blonde du Cantal ou Lentille rosée ou brune de Champagne. De même, plus de deux cents variétés de blé sont cultivées en France. Les agriculteurs recherchent également la meilleure rotation des cultures pour éviter l’épuisement des sols et le développement des parasites. Pour des cultures importantes, ils cultivent souvent plusieurs variétés pour limiter les risques. Les agriculteurs sont également de plus en plus attentifs à l’ensemble de la biodiversité sur les exploitations. En complément de cet articleDossiers Amélioration des plantes Biodiversité Suggestion d'articles liés Soja : la France doit réduire sa dépendance La Bretagne reprend goût au blé noir La luzerne, plante écologique Avoine et orge, contre les excès de cholestérol Cette fibre qui respecte notre peau Les plantes agricoles qui nous nourrissent Quel blé pour faire le pain ? Le maïs doux, vous le préférez croquant ou craquant ? Du champ à la chope La betterave se prépare à faire un carton Le tournesol se tourne... vers le futur Vous êtes enseignant SVT? Utilisez cet article pour illustrer votre cours. Pour découvrir comment, consultez
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