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« Je cultive ces semences par conviction »Bernard Arsac - Vice-président - FNAMS - Producteur de riz et de semences
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Bernard Arsac, vice-président de la Fédération nationale des agriculteurs multiplicateurs de semences (Fnams), raconte son expérience en tant que producteur de riz et de semences du côté d’Arles. Cette culture, envisageable en Camargue grâce à la disponibilité de l’eau et aux conditions climatiques favorables, s’avère en réalité une nécessité pour désaliniser les sols.
Pourquoi faire le choix de cultiver du riz ?« Quand on dispose d’une exploitation en Camargue, il ne s’agit souvent pas d’un choix, mais d’une nécessité. En effet, les terres se trouvent à 50 cm, voire à 2 m, au-dessus du niveau de la mer. On assiste donc à des remontées de sel dans les sols. Sans inondation régulière, ceux-ci seraient trop salés pour permettre les cultures. C’est pourquoi les inonder d’eau douce, comme on le fait en cultivant du riz, permet ensuite d’effectuer une rotation avec d’autres cultures. » |
« Il ne s’agit souvent pas d’un choix, mais d’une nécessité » |
Quelles sont les espèces présentes dans votre rotation ?
« Sur mon exploitation, qui avoisine les 300 hectares, je cultive environ 180 hectares en riz et le reste en blé dur. J’essaye de faire le plus de rotations possible, c’est-à-dire que j’essaye de sortir de la monoculture de riz tous les trois à cinq ans sur une parcelle donnée. Mais le temps peut perturber cette rotation. En effet, la récolte a lieu en octobre, une période orageuse dans le sud de la France.
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« Je cultive environ 180 hectares en riz et le reste en blé dur » |
Quel est le principal problème rencontré dans la culture du riz ?
« L’enherbement. En effet, comme nous cultivons du riz plusieurs années de suite sur une même parcelle, du riz sauvage s’installe au sein des cultures. Or, il s’égrène avant le riz cultivé et perdure ainsi d’années en années, car on ne peut pas utiliser d’herbicide contre lui … c’est aussi du riz !
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« L’enherbement » |
Vous cultivez du riz rond et du riz long. Pourquoi ?
« Il existe deux grandes familles de riz : le riz japonica (riz au grain long et rond) et le riz indica (riz du sud-est asiatique aux grains très longs et très étroits). En Camargue, nous cultivons surtout le japonica, car nous privilégions un cycle court. Cela n’empêche pas le cultivateur de bénéficier d’un choix de variétés très large. En effet, le Catalogue européen en recense plus d’une cinquantaine.
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« Ce choix se fait selon les débouchés commerciaux » |
Quels critères recherchez-vous dans une variété de riz ?
« Je retiens cinq critères principaux. Premièrement, la vigueur à la germination. En effet, il faut que le riz lève vite, même en période fraîche, pour ne pas se laisser gagner par les adventices. Deuxièmement, il doit avoir un cycle court avec une floraison entre le 25 juillet et le 15 août, car une fois que les orages ont commencé, la fécondation est mauvaise. Ensuite, mieux vaut que la variété soit résistante à la pyrale (insecte parasite), car il est plus difficile de traiter les cultures en Camargue, qui dispose d’un statut de parc naturel régional.
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« Je retiens cinq critères principaux... » |
Vous cultivez également des semences. Est-ce contraignant ?
« Il se cultive en Camargue de 300 à 500 hectares de semences chaque année. La seule obligation que cela comporte : implanter les cultures sur des terres vierges de riz depuis cinq ans pour éviter les contaminations. Une fois qu’on arrive à épiaison, des travailleurs arrachent les mauvaises herbes pour que la semence de riz obtenue soit pure.
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« Je cultive ces semences par conviction » |
Comment envisagez-vous l’avenir de la production de semences de riz en France ?
« Avec un peu d’inquiétude, je l’avoue. En France, les organismes multiplicateurs de semences de riz bénéficient actuellement des aides à l’agriculture versées au titre du Fonds européen d’orientation et de garantie agricole (Feoga). Cette aide disparaît en 2012.
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« Avec un peu d’inquiétude, je l’avoue... » |
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