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« L'avoine : une espèce à redécouvrir »Philippe Lemaire - Directeur général - Entreprise Lemaire Deffontaines
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Avoine et orge constituent des cultures dites mineures en France. Malgré cela, les semenciers continuent de proposer de nouvelles variétés toujours plus résistantes aux maladies et dotées de meilleurs rendements.
Philippe Lemaire, directeur général de l’entreprise Lemaire Deffontaines, située à Auchy-lez-Orchies (59), explique la démarche de son entreprise pour répondre à la demande des agriculteurs.
Quel est votre rôle au sein de l'entreprise Lemaire Deffontaines ?
« En tant que dirigeant de la société Lemaire Deffontaines, je définis avec nos sélectionneurs les orientations à prendre dans les différents programmes de sélection. Notre société familiale est implantée depuis 145 ans dans le Nord de la France. Sa particularité : améliorer, sélectionner et proposer dans son catalogue toutes les espèces de céréales à paille, sauf le blé dur.
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« Améliorer, sélectionner et proposer dans notre catalogue toutes les espèces de céréales à paille sauf le blé dur » |
Combien de variétés d’orge et d’avoine présentez-vous dans votre catalogue ?
« Nous disposons d’un catalogue variétal assez large en orge, avec douze variétés. Elles sont utilisées en alimentation animale en ce qui concerne les orges d’hiver fourragères ou en alimentation humaine, soit pour la bière, soit pour la floconnerie.
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« Nous disposons de douze variétés d'orge et cinq d'avoine » |
Quels sont les critères que vous recherchez pour ces nouvelles variétés ?
« Pour l’avoine, nous privilégions le rendement, associé à un poids spécifique élevé (mesure de la densité du grain établie en pesant un volume connu de grain). Le deuxième critère qui retient notre attention repose sur la tolérance aux maladies et à la verse.
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« Le rendement, la tolérérance aux maladies et à la verse » |
Avez-vous des demandes concernant la sélection de variétés riches en bêta-glucanes ?
« Bien que nous entendions parler des bénéfices santé des bêta-glucanes vis-à-vis de la gestion du cholestérol, cette demande, que ce soit de la part des agriculteurs ou des industriels, n’est pas remontée jusqu’à nous. Ce n’est donc pas un critère sur lequel nous travaillons actuellement. A ce jour, on peut dire que nos clients évaluent davantage les qualités du grain, comme l’absence de mycotoxines, que sa composition intrinsèque.
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« Ce n'est pas un critère sur lequel nous travaillons actuellement » |
Vous produisez également des semences biologiques. Pourquoi ?
« Nous avons commencé à produire des semences biologiques vers 1997, à la demande de certains agriculteurs. Nous avons été les pionniers de cette production, qui s’est bien développée depuis, et concerne actuellement 15 à 18 % de nos ventes. Nos variétés d’avoine bio sont cultivées en tête d’assolement, tandis que l’orge fourragère, plutôt de printemps, est cultivée avec des pois ou de l’avoine pour faire de l’ensilage de céréales.
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« Nous avons commencé à produire des semences biologiques vers 1997 » |
Conservez-vous d’anciennes variétés d’orge et d’avoine ?
« Oui, bien sûr. En tant que sélectionneur, nous avons la nécessité de conserver d’anciennes variétés, car ce sont elles qui possèdent les caractéristiques initiales pour de futurs croisements.
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« En tant que sélectionneur, nous avons la nécessité de conserver d'anciennes variétés » |
Il semble que l’avoine ait depuis peu un nouveau débouché : le couvert végétal. Pouvez-vous nous en dire plus ?
« Une des obligations de la Politique Agricole Commune (PAC) concerne l’obligation de couvert végétal des champs pendant l’hiver. Or, l’avoine est un des moyens les moins onéreux d’y parvenir. En outre, elle est détruite par le gel hivernal et forme un mulch (couche de matière) sur le sol, qui est idéal pour la préparation du sol en février.
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« En 2012, on pense que 90 % des surfaces cultivées devront bénéficier d’un couvert végétal pour l’hiver. » |
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