Le gazon, la sélection sur le terrain

Cette journée fut une belle réussite :-)
Articles et vidéos sont en cours de préparation :
à retrouver très prochainement sur Semencemag...
Qu'est-ce qui ressemble plus à un gazon qu’un autre gazon ? Pourtant, à y regarder de plus près, les différences apparaissent vite. En quarante ans, les travaux des sélectionneurs ont en effet permis de créer et d'améliorer des variétés, et de les adapter à des usages spécifiques : gazon d'ornement, gazon d'agrément, gazon de sports et jeux... Il est désormais possible de choisir sa variété de plantes à gazon selon toute une série de critères : couleur, finesse, résistance au piétinement, résistance à la sécheresse, capacité à pousser à l'ombre, vitesse de repousse et donc nombre de tontes !

La recherche s’inscrit sur la durée

La création en France, dans le Catalogue officiel des espèces et variétés, d'une liste spécifique pour les gazons a permis de mieux valoriser le progrès génétique. Une quinzaine d’années en moyenne est nécessaire pour mettre au point une variété qui va être inscrite au Catalogue. Les travaux des obtenteurs s’effectuent à partir d’une base génétique extrêmement large et développent des améliorations continues et régulières. Certains critères sont travaillés depuis l’origine de la création du marché du gazon. C’est le cas de la résistance au piétinement, de la finesse et la densité du tapis végétal, de l’aspect esthétique en hiver et en été, de la résistance aux maladies… Sur tous ces points, comme la recherche s’inscrit sur la durée, on progresse d’année en année. La largeur des feuilles de ray-grass anglais, par exemple, a été divisée par deux depuis le début des années 80. Au final, la qualité du gazon dépend d’un ensemble de caractères. Ainsi, la sélection de variétés produisant un gazon fin et dense s’accompagne de l’amélioration de la résistance au piétinement et du ralentissement de la vitesse de pousse, limitant ainsi la fréquence et le volume des déchets de tonte.

Conservation de la biodiversité

Bien entendu, les chercheurs introduisent peu à peu d’autres critères de sélection, comme ceux liés aux nouvelles contraintes environnementales. Les obtenteurs travaillent par exemple à la réduction des besoins des espèces à gazon en fertilisation ou en eau. Un autre rôle, plus méconnu, des sélectionneurs est de participer à la conservation de la biodiversité. Ils conservent ainsi plusieurs milliers de graines d’origines différentes. C’est dans ce creuset qu’ils s’appuient pour proposer aux utilisateurs des variétés toujours plus performantes. Afin de permettre à chacun de bénéficier de ces variétés améliorées, un Label rouge a été mis au point avec trois catégories : ornement, détente et agrément, sport et jeux.
- Le ray-grass anglais et les fétuques rouges, deux des principales espèces utilisées en gazon, ont des caractéristiques très complémentaires. La première allie facilité d'implantation et bonne résistance à la fréquentation. Les deuxièmes se caractérisent par leur aspect esthétique mais aussi par leur plus faible besoin d'entretien. - Une espèce s'installant rapidement limitera le développement des mauvaises herbes et réduira les coûts de désherbage. Le ray-grass anglais est l'espèce gazon qui s'installe le plus rapidement, fétuque élevée et pâturin des prés étant les plus lentes. - En matière de masse de feuillage, le pâturin des prés et la fétuque ovine produisent peu ; la fétuque élevée est la plus productive. Bien que considérée comme une espèce produisant beaucoup de masse végétale, le ray-grass anglais est devenu une des espèces les moins poussantes grâce aux progrès apportés par la sélection.
LG
MD
SM