Après les 12 à 15 ans de travail nécessaires à la création d'une nouvelle variété, le sélectionneur de plantes à gazon doit la faire inscrire au Catalogue officiel des variétés afin de pouvoir la commercialiser en France et dans l'Union européenne. Pour cela, elle est au préalable examinée par une organisation consultative : le Comité Technique Permanent de la Sélection (CTPS), composé de représentants des sélectionneurs, des producteurs de semences, des utilisateurs, de l'interprofession des semences et plants, du Service Officiel de Contrôle et de Certification des Semences (SOC), de la recherche publique et du ministère de l'Agriculture. L'examen des variétés se fait sur deux types de critères : des critères de Distinction, d'Homogénéité et de Stabilité (DHS) et des critères d'utilisation ou de Valeur Agronomique, Technologique et Environnementale (VATE).

Le climat : une nouvelle information importante pour les utilisateurs

Au terme de ces tests, si la variété est jugée meilleure que les témoins, le CTPS propose au ministère de l'Agriculture de l'inscrire au Catalogue officiel. L'inscription devient effective après parution au journal officiel. La variété passe alors automatiquement au catalogue européen des espèces et variétés et est commercialisable dans toute l'Union Européenne. Les responsables du CTPS font évoluer régulièrement le catalogue, afin d’en rendre l’utilisation encore plus pratique pour les utilisateurs professionnels : paysagistes, responsables espaces verts… Ainsi, depuis janvier 2011, les variétés d’espèces à gazon sont caractérisées par leur comportement en fonction des conditions climatiques. Cette évolution du Catalogue fait figure de véritable bond en avant. On peut désormais connaître avec précision le comportement d’une variété nouvellement inscrite dans quatre zones climatiques différentes : méditerranéenne (Sud-Est de la France), océanique (Bretagne, Normandie, Nord), subocéanique (Pays-de-la-Loire, Centre Ouest, Sud-Ouest) et subcontinentale (moitié Est). Pour deux zones climatiques supplémentaires (continentale, nordique), non présentes en France, des informations seront également disponibles.

Réduire les dépenses liées à la tonte

Le CTPS a également en projet de caractériser les gazons pour leur valeur environnementale. Le détail des critères environnementaux à prendre en compte est encore à l’étude. Une première piste consiste à travailler sur la réduction des déchets de tonte, dont le traitement pose souci dans les grandes villes qui ne comptent souvent pas de système de compostage. En favorisant l’inscription de variétés dotées de ce profil, on réduit les déchets de tonte et on diminue également les passages pour l’entretien. Un double bénéfice puisqu’on réduit non seulement le temps de main d’œuvre mais également la consommation en gasoil.

Bientôt des variétés de légumineuses pour des gazons bien nourris

La recherche de variétés pour obtenir des gazons moins gourmands en azote est un deuxième axe de recherche, plus prospectif. Ceci pourrait être obtenu grâce à des gazons associant des graminées et des légumineuses. Des travaux sont donc en cours sur les légumineuses pour tenter de sélectionner des variétés à usage gazon. A ce jour, les chercheurs ont mis en évidence le fait que certains trèfles blancs, sélectionnés pour réduire la taille des feuilles, ainsi que certaines luzernes supportaient parfaitement la défoliation régulière très rase. Par ailleurs, le CTPS est en relation avec la Commission européenne pour faire évoluer la règlementation européenne et faire en sorte que l’on puisse inclure des légumineuses dans le cadre des plantes à gazon.
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