Retour accueil de semence mag, le magazine des semences et graines végétales

 

Article mis à jour le 10/11/2009
Découverte planete

Légumineuses : pour des menus équilibrés et durables

Vaches, chèvres et moutons sont comme nous. Pour être en forme, ces herbivores doivent manger des protéines qui leur apporteront tous les acides aminés dont ils ont besoin pour se développer.

Par ailleurs, les légumineuses, des plantes aux vertus un peu spéciales, reviennent aujourd'hui en bonne place sur les menus proposés par les éleveurs.

Recommandées par les nutritionnistes

Les plantes de la famille des légumineuses, comme la luzerne, le sainfoin ou encore le trèfle, sont riches en protéines. Elles constituent donc pour les éleveurs une matière première de choix pour satisfaire les besoins nutritionnels des animaux dans ce domaine.

Comparées aux tourteaux de soja (également riches en protéines, mais importés et de plus en plus chers), elles apportent à la ration alimentaire les fibres adéquates, ainsi que davantage de minéraux, d'oligo-éléments et de bétacarotène.

Enfin, elles contiennent des acides gras insaturés oméga 3 et oméga 6 bénéfiques pour la santé animale, mais aussi pour la santé humaine. Car oméga 3 comme oméga 6 se retrouvent dans les produits que nous consommons tels que la viande ou le lait.

Sur place ou à emporter...

Les légumineuses sont des plantes fourragères qui peuvent faire le régal des animaux dans les prairies (lorsqu'elles sont pâturées), comme à l'étable. Cependant, elles ne peuvent pas constituer la seule source de fourrage des animaux, sous peine de problèmes digestifs...

Pour le pâturage en prairie les éleveurs ont donc le choix : soit ils font passer régulièrement les bêtes d'une parcelle de légumineuses à une parcelle de graminées (dont les qualités nutritionnelles sont très différentes mais complémentaires), soit ils sèment graminées et légumineuses en mélange pour obtenir directement un menu équilibré à consommer sur place !

Pour la consommation à l'étable, les légumineuses peuvent être conservées selon les espèces et les choix techniques de l'éleveur sous forme de foin, d'ensilage, de balles rondes ou encore de ''bouchons''. Récoltées en mélange avec des graminées, elles permettent là-encore de disposer d'un fourrage équilibré, doté qui plus est d'une qualité nutritionnelle plus stable dans le temps.

Des nappes préservées

Pour fabriquer des protéines, les végétaux ont besoin d'azote. La plupart du temps, ils le puisent dans le sol grâce à leurs racines. Et c'est pour assurer une alimentation suffisante en azote des plantes cultivées que les agriculteurs apportent, lorsque c'est nécessaire, un complément sous forme d'engrais azoté. Mais l'utilisation de ces engrais est délicate, car elle peut engendrer une pollution des nappes phréatiques par les nitrates.

Or les légumineuses ont une particularité qui les rend tout à fait intéressantes d'un point de vue environnemental : elles sont capables de capter l'azote qui se trouve naturellement dans l'air, et de l'utiliser pour fabriquer des protéines. Elles peuvent également utiliser l'azote présent dans le sol. Inutile donc d'épandre des engrais azotés !

De plus, l'azote qu'elles contiennent, libéré dans le sol après leur dégradation, peut être utilisé par la culture suivante. A vrai dire, il pourrait aussi être entraîné vers les nappes si le sol restait ''nu'', sans couvert végétal, mais les éleveurs veillent et mettent en place d'autres cultures au plus tôt, ce qui permet également à la culture de bénéficier ainsi pleinement de cet effet engrais vert bien connu des agriculteurs et des jardiniers.

Pour des élevages durables

Pour les éleveurs, les légumineuses sont donc économiques. Au champ, elles ne nécessitent aucun apport d'azote et réduisent les apports nécessaires pour les cultures suivantes. Au pâturage ou à l'étable, elles évitent le recours à des tourteaux importés.

Elles offrent encore d'autres avantages qui concourent aussi à une plus grande durabilité des élevages.

Elles se caractérisent en effet par une grande régularité de production au cours de l'année. La luzerne en particulier, continue de bien pousser durant l'été, période de creux pour beaucoup d'autres espèces gênées par la chaleur. De plus, leurs qualités nutritionnelles sont également assez constantes. Elles constituent donc un atout important pour un fonctionnement harmonieux des exploitations d'élevage au fil du temps.

En complément de cet article

     
Imprimer Imprimer  |  Envoyer à un ami Envoyer à un ami  |  Réagir à cet article Commenter
Le kit activités pédagogiques : fiches activités à télécharger et échantillons de semences gratuits. Cliquez ici !Des légumineuses pour vos activités pédagogiques
Echantillons gratuits de luzerne, sainfoin, trèfle...

 

 

Egalement au menu des abeilles...

Les légumineuses entrent dans l'alimentation de nombreux animaux d'élevage. Mais ces plantes à fleurs constituent aussi un mets de choix pour les insectes butineurs comme les abeilles ou les faux bourdons. La luzerne par exemple fait partie des plantes les plus nectarifaires.

Ces plantes constituent donc une source de nourriture qui contribue au maintien de la faune, et à la pollinisation des fleurs sauvages et des plantes cultivées. Un coup de pouce essentiel à la biodiversité !

 

Un bilan énergétique plus que favorable

Les plantes fourragères de la famille des légumineuses offrent un bilan énergétique plus que favorable.

En effet, il faut plus de deux litres de fuel pour produire, transporter ou épandre une unité d'azote de synthèse (chiffres 2003) alors que les légumineuses utilisent simplement l'énergie solaire pour faire fonctionner leur mécanisme permettant de capter et d'utiliser l'azote contenu dans l'air.

 

Légumineuses : les éleveurs ont le choix

Sur le marché, il existe une large gamme d'espèces qui permet à chaque éleveur d'implanter une légumineuse adaptée aux exigences de son système d'exploitation. Citons notamment le lotier corniculé, la luzerne, le sainfoin, le trèfle blanc, le trèfle hybride, le trèfle incarnat, le trèfle violet.

Le choix de l'espèce doit se raisonner en fonction du type de sol, du mode d'exploitation et de l'époque de semis. Plus de 30 nouvelles variétés de plantes fourragères sont inscrites par an pour être commercialisées.

Au total, les éleveurs ont à leur disposition 230 variétés pour les différentes espèces de légumineuses fourragères.

 

Si l'on supprimait les engrais azotés...

''Si l'on supprimait complètement les engrais azotés minéraux dans les exploitations d'élevage, grâce à une utilisation systématique des associations de légumineuses fourragères et à une meilleure valorisation des engrais issus de l'élevage, on pourrait économiser en France près d'un million de tonnes d'azote minéral correspondant à une économie de deux millions de tonnes de fuel'', constatait A.Pflimlin de l'Institut de l'Elevage en 2003.

 

Le palmarès des herbivores

23% de la surface de la France est consacrée à la production d'herbe pour l'alimentation des animaux d'élevage. Mais qui sont exactement ces sympathiques herbivores ?

Eh bien l'on compte :
- 18 millions de bovins (vaches, boeufs...)
- 8 millions d'ovins (moutons...)
- 1,2 million de caprins (chèvres...)
sans oublier plus de 400.000 chevaux.

 

© www.semencemag.fr : le magazine des semences et du monde végétal | Doc. mis à jour le 10/11/2009 | Mentions légales