Pourquoi je ne trouve pas de graines pour semer mes pommes de terre ?

Vous aurez beau chercher : vous ne trouverez pas de graines de pomme de terre dans votre magasin de jardinage préféré. C’est le tubercule de la pomme de terre que l'on plante, en s'assurant qu'il soit certifié, pour ne pas véhiculer de maladies ou de parasites.

Pour des récoltes homogènes

Tige souterraine renflée, garnie de réserves, le tubercule engendre des cultures homogènes. En revanche, l’utilisation de graines, théoriquement possible, entraînerait une hétérogénéité de plante et une récolte de tubercules disparates.

Les sélectionneurs préfèrent les graines

Bien entendu, pour faire des croisements et sélectionner les meilleures plantes et variétés, la reproduction sexuée reste idéale pour les sélectionneurs. Chaque graine issue de la fécondation de la fleur femelle par le pollen donne naissance à une plante différente. La reproduction sexuée évite également virus et pathogènes. De plus, les graines se conservent plus facilement, plus longtemps et demandent moins de place que les tubercules.

Mais les pommes de terre n’aiment pas le sexe

La pomme de terre a une faible aptitude à la reproduction sexuée. Les variétés de pomme de terre ne fleurissent pas systématiquement. Les fleurs, blanches, roses ou violettes, sont autogames. Elles ne produisent pas de nectar et sont rarement visitées par les insectes, ce qui fait que la fécondation croisée, théoriquement possible, est presque inexistante dans la nature. On considère qu’environ un tiers des variétés de pomme de terre n’a pas un pollen capable de féconder la fleur. On trouve également des variétés qui fleurissent abondamment mais ne fructifient pas. Dans ces conditions, il n'est pas envisageable de produire les quantités de graines suffisantes pour répondre aux besoins des jardiniers et des agriculteurs.
La pomme de terre est l’espèce végétale qui a le plus bénéficié de la culture in vitro pour la production de plants. L'utilisation de tissus végétaux cultivés sur des milieux nutritifs permet non seulement de raccourcir le cycle de reproduction mais aussi d’éliminer les virus et autres agents pathogènes. Chez la pomme de terre, par exemple, on peut repiquer des fragments de germe comportant un nœud muni d'une petite feuille et d'un bourgeon. La plante issue de la bouture peut être fragmentée à son tour et conduit à d'autres boutures. Grâce aux travaux de l’Inra, la France a été le premier pays en Europe à utiliser dès 1976 cette technique à grande échelle pour multiplier les plants de pomme de terre. Les stations professionnelles créent chaque année environ 250.000 boutures pour démarrer leur production de plants. Le maintien de collections variétales par bouturage in vitro est également généralisé dans les banques de gènes.
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