Conserver les ressources génétiques

L’homme a toujours recherché dans la nature les ressources dont il avait besoin pour se nourrir, se vêtir ou se soigner. La biodiversité constitue une réserve de gènes, dont l’intérêt peut être alimentaire, textile, agronomique, pharmaceutique ou industriel : on les appelle les ''ressources génétiques''.

Un patrimoine vivant à préserver

Certaines de ces ressources sont utilisées aujourd’hui. D’autres constituent les “réservoirs” de demain pour des besoins encore inconnus. L'amélioration végétale, au cœur du métier des semences, consiste à créer de nouvelles variétés à partir des variétés existantes, en les croisant entre elles et en réalisant une sélection, selon des critères définis, des meilleures plantes issues de ces croisements. Pour cela, il est nécessaire de conserver toutes les sources potentielles de biodiversité, des ancêtres sauvages aux variétés contemporaines, en passant par les populations anciennes. Les sélectionneurs entretiennent ainsi des collections de plantes afin de disposer d'un large éventail de caractères pour répondre aux besoins des utilisateurs et consommateurs.

Conserver : un métier d'expert

La conservation des ressources génétiques nécessite une gestion stricte. Pour préserver les qualités d'origine d'une variété, il est indispensable tout d'abord de la répertorier, puis de décrire ses caractéristiques de façon précise. La conservation demande ensuite des techniques particulières pour éviter la dérive génétique des variétés, et ainsi préserver leurs caractéristiques propres. La gestion des ressources génétiques exige ainsi des compétences pluridisciplinaires, des lieux et des modes de conservation variés et un suivi rigoureux. En France, la coordination de ce travail est assurée par le Bureau des ressources génétiques (BRG), qui met en œuvre la politique française de gestion des ressources génétiques, et qui participe aux programmes internationaux de coopération. Le BRG s'appuie sur une trentaine de réseaux organisés par espèce (maïs, carotte, betteraves, céréales à paille, colza...) qui regroupent notamment entreprises de sélection et instituts de recherche publics.

Le rôle essentiel des semenciers

Le rôle des sélectionneurs dans ces réseaux est essentiel : leur travail sur le terrain apporte toute la connaissance des variétés et de leurs caractéristiques génétiques. Ils caractérisent, évaluent et régénèrent de nombreuses ressources génétiques. Les sélectionneurs ont été les premiers en France à collectionner des variétés et tous continuent de maintenir et bien sûr d'enrichir ces collections. Philippe-Victoire de Vilmorin a ainsi créé le premier catalogue recensant et décrivant les variétés en 1766. D'innombrables variétés auraient aujourd'hui disparu si les sélectionneurs ne les avaient pas répertoriées ni préservées.
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Conservation et création de nouvelles variétés à l'INRA d'Avignon

Monsieur Pitrat, généticien à l'INRA, évoque le vaste patrimoine végétal conservé par l'Institut, et son intérêt pour la création de nouvelles variétés. Le Renouveau du Potager (extrait), © Métaphore

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Conservation, création et contrôle des variétés potagères

Le Renouveau du Potager (extrait), © Métaphore Production, 2011

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MC. Daunay, INRA - Un travail en réseau pour la conservation des ressources génétiques

De la graine à l'assiette (extrait) – Métaphore Production - Documentaire diffusé sur France 3

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M. Pitrat, INRA - Renouveler les graines pour conserver les variétés

De la graine à l'assiette (extrait) - Métaphore Production - Diffusé sur France 3

A travers le monde, il existe 4 à 5 collections nationales où sont conservées plus de 10.000 lignées de lin. La plus importante et la plus renommée se trouve à St Petersbourg à l’Institut Vavilov avec 5 à 6 000 lignées différentes. En France, l’Institut national de la recherche agronomique maintient une collection de 2 à 3.000 lignées. Les sélectionneurs contribuent également au maintien de cette biodiversité. C’est pour eux la source de départ pour créer de nouvelles variétés. Les deux sélectionneurs privés français maintiennent chacun environ 1.000 lignées différentes.
Frisée, scarole, trévise, vérone, endive, endigia, chicorée à sucre, chicorée à torréfier… Ces quelques variétés, et bien d'autres encore, appartiennent à la même famille des chicorées. Cette diversité variétale permet des utilisations variées, de la consommation en frais à l'usage industriel, et d'innombrables possibilités de croisements. Deux espèces de chicorées sont cultivées en Europe : Cichorium intybus (avec entre autres endives et chicorées industrielles) et Cichorium endivia (scaroles et frisées). Comme pour de nombreuses espèces potagères et agricoles, les sélectionneurs mettent en commun leurs variétés qui ne sont plus commercialisées et les variétés de population pour les conserver de façon efficace et cohérente. Ainsi, 600 variétés de chicorées sont caractérisées, conservées et régénérées dans le cadre du réseau national des ressources génétiques chicorées. Ce réseau, constitué de 11 sociétés privées et 5 partenaires publics, est coordonné par le Geves (Groupe d'étude et de contrôle des variétés et des semences) de Brion, et permet la répartition des tâches entre les différents partenaires. Ce réseau chicorées fait partie d’un consortium européen « Leafy Veg » qui a constitué une base de données européenne des accessions de légumes feuilles : laitue, chicorées, asperge, mâche, épinard, roquette. Lien direct en haut de cette page dans Voir aussi > Ailleurs sur la toile ou à copier/coller : http://documents.plant.wur.nl/cgn/pgr/LVintro/

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