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Article mis à jour le 17/02/2009
Découverte campagne

La France, pays des semences par excellence

De quoi un jardinier ou un agriculteur a-t-il besoin pour cultiver avec succès une variété bien précise de radis, de blé ou de colza ?

Il doit tout d'abord trouver cette variété dans son point de vente, au moment où il en a besoin. Cela suppose que chaque variété ait été multipliée sous forme de semences pendant des années pour que les quantités nécessaires à un approvisionnement régulier soient disponibles.

Quant à la réussite de la culture, elle dépend fortement de la qualité de cette semence. Il faut qu'elle soit propre (sans graines étrangères), pure (sans graines d'une autre variété), saine (sans maladies) et qu'elle germe bien.

Qui peut réussir le tour de force de multiplier en quantité des semences de qualité ? Les agriculteurs-multiplicateurs....

Un métier méconnu

Le métier d'agriculteur-multiplicateur consiste à multiplier une variété d'une espèce ( maïs, blé, tournesol...) à partir de semences dites semences de base fournies par des entreprises de production de semences. La récolte de semences ainsi produites est ensuite livrée aux stations de ces entreprises qui les trient en éliminant les impuretés, les semences malades et les graines étrangères. Les semences sont analysées, protégées contre les parasites, insectes et maladies puis conditionnées pour leur mise en vente. Elles seront ensuite utilisées par les agriculteurs, les éleveurs, les maraîchers... pour leurs cultures.

La qualité de ces semences est bien entendu déterminante pour la qualité des futures récoltes.

Qu'y a-t-il de si compliqué ?

Le savoir-faire du multiplicateur de semences est essentiel pour obtenir un bon résultat. Il doit mettre en oeuvre des techniques spécifiques adaptées à chaque culture.

Pour garantir la pureté variétale par exemple, il doit choisir des parcelles isolées pour éviter des croisements accidentels avec d'autres plantes, qui donneraient naissance à des graines non conformes à la variété multipliée. Cela est d'autant plus important qu'il est impossible de déceler et donc d'éliminer a posteriori de telles graines.

Pour chaque espèce, l'agriculteur doit suivre des régles précises en fonction de son mode de croisement (par le vent, les insectes...).

Par ailleurs, pour obtenir des semences dotées d'une bonne faculté germinative, la récolte doit être effectuée au bon stade de maturité. De plus, certaines graines sont fragiles (pois, blé dur...) et elles doivent être récoltées en douceur.

L'agriculteur n'est pas tout seul

Pour assurer une production de semences de qualité, l'agriculteur-multiplicateur n'est pas tout seul.

Tout d'abord, la multiplication de semences est encadrée par un règlement technique officiel qui détermine des règles de qualité : origine des semences mères, isolement de la parcelle, cultures précédentes, état sanitaire de la culture, épurations en cas de présence de plantes indésirables, conditions de récolte...

Ensuite, l'agriculteur est en relation avec des techniciens de l'établissement producteur de semences avec qui il est en contrat. Ce contrat précise le suivi et le contrôle de la culture, les conditions de livraison, les critères d'appréciation de la qualité à la récolte, les normes maximales pour la présence d'impuretés, le taux d'humidité...

Les agriculteurs-multiplicateurs font également partie de syndicats professionnels qui réalisent des essais et diffusent des conseils pour réussir ces cultures spécialisées.

Enfin, certaines espèces sont très réceptives à du pollen extérieur. Pour obternir un niveau de pureté variétale élevé, les agriculteurs-multiplicateurs et les établissements producteurs s'organisent avec l'appui des pouvoirs publics pour réserver des zones géographiques à des productions de semences spécialisées.

La France, pays des semences

La France est un pays particulièrement propice à la production de semences. En effet, la diversité des climats et des types de sols permet à de multiples espèces et variétés de trouver ''terroir à leur pied''.

Les zones de production de semences se situent parfois dans les zones de culture auxquelles elles sont destinées. C'est le cas notamment pour les céréales, car toutes les régions offrent des conditions suffisantes pour la maturité des grains à l'origine des semences. Cela permet un approvisionnement fiable et économique car les coûts de transport se trouvent ainsi réduits.

Par contre, la situation pour les betteraves est tout à fait différente. Alors que la production de betteraves sucrières (le sucre est extrait des racines) se situe plutôt dans le Nord de la France, celle des semences de betteraves est localisée principalement dans le Sud-Ouest en raison de conditions favorables à la floraison et à la maturité des graines.

La France constitue ainsi une véritable mosaïque de productions de semences qui couvrent au total 300.000 hectares avec des réseaux d'agriculteurs-multiplicateurs spécialistes. Les semences de maïs sont essentiellement produites dans le Sud-Ouest, les Pays de la Loire et l'Auvergne. Les semences potagères sont une spécialité de l'Anjou et du Sud-Est . Les semences de tournesol sont multipliées dans tout le Sud de la France. La production de plants de pomme de terre est également une activité d'agriculteurs spécialisés principalement dans le Nord, la Bretagne et le Centre-Sud.

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P. Pancin, chef de culture. Certains champs sont réservés à la production des semences.
P. Pancin, chef de culture. Certains champs sont réservés à la production des semences.

De la graine à l'assiette (extrait) – Métaphore Production - Documentaire diffusé sur France 3


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Petites cultures de grande importance

Les productions de semences sont réalisées sur des surfaces assez réduites. En effet, il s'agit de multiplier la quantité de semences qui correspond à une demande nationale, européenne ou mondiale. Selon les espèces, une seule graine peut permettre la production d'une trentaine de graines à plusieurs milliers.

Ainsi, en France, la production de semences de nombreuses espèces potagères à petites graines (carottes, oignons, radis...) ne représente qu'environ 7.000 hectares, dont certaines espèces et variétés sur de très petites surfaces.

Les semences de betteraves sucrières occupent chaque année 3 à 4.000 hectares, qui servent ensuite à ensemencer plusieurs centaines de milliers d'hectares dans toute l'Europe.

Autre exemple: les surfaces de semences fourragères et à gazon sont proches de 40.000 hectares mais elles concernent 4 millions d'hectares de prairies et de pelouses.

 

Semences de qualité : dans le sens du Grenelle

Diminuer les traitements phytosanitaires sur l'ensemble des cultures dédiées à la consommation humaine ou animale est une des orientations importantes retenues lors du Grenelle de l'environnement.

Or la production de semences de qualité va tout à fait dans ce sens. En effet, si des semences sont propres et saines, elles permettent d'éviter des désherbages et des traitements sur les cultures qui en seront issues.

Les agriculteurs-multiplicateurs de semences prennent donc toutes les mesures pour éviter que leurs récoltes de semences ne soient contaminées par des maladies.

 

La multiplication des semences en chiffres

En 2007, plus de 18.000 agriculteurs-multiplicateurs ont consacré une partie de leur exploitation à produire sous contrat avec des établissements producteurs:

- des semences de céréales et de pois sur 160.000 hectares,

- des semences de plantes fourragères et à gazon sur 40.000 hectares,

- des semences de maïs et sorgho sur 40.000 hectares,

- des semences de plantes oléagineuses (colza, tournesol...) sur 16.000 hectares,

- des semences de lin et de chanvre sur 13.000 hectares,

- des semences de betteraves et de chicorée sur 3.500 hectares,

- des semences de plantes potagères et florales sur 16.000 hectares,

- des plants de pomme de terre sur 14.500 hectares...

 

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