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Entretien mis à jour le 26/10/2009
L'entretien

Nous avons depuis longtemps la préoccupation de l'environnement

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« Nous avons depuis longtemps la préoccupation de l'environnement »

Bruno Desprez, Directeur Recherche, et Karine Henry, Sélectionneur Betteraves - Etablissements Florimond Desprez

 
Le Grenelle de l'environnement a mis en lumière les attentes de la société concernant l'environnement.
Heureusement, les sélectionneurs n'avaient pas attendu. Si le travail de sélectionneur est extrêmement lent, Bruno Desprez et Karine Henry confirment qu'ils travaillent depuis longtemps sur des programmes de sélection de la betterave ayant pour objectifs la réduction des besoins de la culture en pesticides, en engrais et en eau.

 

 

Qu'est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier de sélectionneur ?

« C'est le plus beau métier du monde !

C'est en premier un métier de relations humaines avec les industriels, la recherche agronomique, les universités. C'est un métier de recherche évolutif, qui se pratique à l'extérieur comme à l'intérieur. Le sélectionneur est au contact de la plante au champ ou dans la serre. Ce travail demande beaucoup de patience. Il est lié au cycle des plantes et de la nature même si nous essayons d'accélérer les choses. On est toujours impatient de voir ses enfants !

Le sélectionneur est un combineur, un assembleur avec une part de chance. Il existe une communion entre notre matériel végétal et nous, comme le professeur avec ses élèves : s'il ne voit que la note sans comprendre son élève il ne peut pas l'aider à progresser.  »

« Il existe une communion entre notre matériel végétal et nous, comme le professeur avec ses élèves. »

Comment prenez-vous en compte les attentes des utilisateurs et des consommateurs ?

« Une variété de betterave sucrière doit satisfaire à la fois l'agriculteur qui la cultive et l'industriel qui la transforme. Avec les industriels du sucre et de l'éthanol, qui sont nos acheteurs de graines, nous définissons nos objectifs de sélection : meilleure teneur en sucre, moins de terre sur les racines pour limiter les coûts de transports et de lavage,… Le rendement est important aussi bien pour l'agriculteur que l'industriel.

Au niveau agronomique, nous devons lutter également contre des maladies différentes.

Nous avons depuis longtemps la préoccupation de l'environnement. Notre métier étant extrêmement lent, nous n'avons pas attendu le Grenelle de l'environnement pour travailler la réduction des besoins de la culture en pesticides, en engrais et en eau. »

« Nous n'avons pas attendu le Grenelle de l'Environnement pour travailler la réduction des besoins de la culture ! »

Les sélectionneurs jouent-ils un rôle dans la préservation de la biodiversité ?

« Historiquement les entreprises ont contribué à mettre sur pied les réseaux de conservation nationaux en collaboration avec des organismes publics comme l'INRA/GEVES. Le but est de conserver les espèces d'origine, les espèces apparentées qui peuvent contenir des gènes qui peuvent apporter des réponses originales et performantes à des questions nouvelles. En France nous coopérons ainsi au sein du réseau des ressources génétiques, et nous avons bien sûr nos propres collections.

La menace sur la biodiversité en betteraves, ce ne sont pas les disparitions de plantes (il y en a plein sur toutes nos côtes du Nord à la Corse), mais des chercheurs. Moins de chercheurs, c’est moins de créativité et de diversité dans les solutions apportées aux agriculteurs et aux industriels. »

« Le but est de conserver les espèces d'origine »

Comment pouvez-vous financer vos programmes de recherche ?

« La création d'une variété de betterave demande entre 6 et 12 ans selon le processus utilisé. Ensuite l'inscription au catalogue officiel dure 2 ans, puis les essais et recommandations sans laquelle elle n'est pas acceptée par les sucreries, 3 ans : la variété qui arrive sur le marché aura été testée pendant 7 ans minimum ! Tout cela pour une durée de vie sur le marché assez courte, quelques années seulement, souvent moins de 5 ans.

Une entreprise telle que la nôtre consacre 15 à 20 % de son chiffre d'affaires à la recherche. Ces investissements sont très lourds et de plus en plus coûteux à cause des technologies. Ils sont complétés par des compétences de spécialistes de haut niveau.

Le créateur de la variété va prendre une marge sur le coût de la semence qui lui permettra entre autres de payer la recherche. »

 

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