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Article mis à jour le 06/12/2011
Découverte cadre de vie

Les jardins familiaux, un coin de verdure et de solidarité

Vus d’en haut, on dirait un patchwork vert et brun. Et oui ! Les jardins familiaux sont constitués de parcelles de potagers d'environ 150 m².

Mises à disposition par la mairie ou les bailleurs sociaux, elles sont cultivées par les familles pour les besoins du foyer, à l'exclusion de tout usage commercial.

Se rapprocher de la nature

Quel est le profil type de ces jardiniers et de leur famille ? Des familles qui logent généralement dans un habitat collectif et consacrent à leur parcelle une partie de leur week-end et parfois leurs soirées. Il s’agit soit de ménages qui cherchent à compléter leurs ressources alimentaires, soit de ménages pour lesquels le jardin familial remplace temporairement le rêve de maison à la campagne actuellement impossible à concrétiser.

Les jardins familiaux répondent donc à deux attentes : équilibrer un budget familial par la récolte de légumes, mais aussi cultiver des produits sains en se rapprochant de la nature.

Prendre part à une activité collective

Seule contrainte : s'acquitter d'une cotisation annuelle auprès de l'association loi 1901 qui gère localement ces jardins familiaux. Y adhérer permet de côtoyer d’autres jardiniers et, in fine, de s'impliquer dans une activité collective. Les jardiniers s’engagent ainsi à entretenir et à cultiver la totalité de leur parcelle en toute saison, à participer aux travaux collectifs, à respecter le règlement intérieur des jardins familiaux et à appliquer leurs principes de base. Parmi eux : courtoisie, entraide, respect des autres et de l'environnement.

En retour, ils bénéficient de nombreux avantages : convivialité autour d’un barbecue le dimanche, partage des savoir-faire, mise à disposition d’un abri de jardin et d’un point d’eau, formations à des pratiques de jardinage respectueuses de l’environnement, réductions de prix auprès de centrales d'achats, etc. Sans compter que les associations redoublent de créativité pour faire de ces jardins des lieux de vie, multipliant repas et soirées dansants, concours des plus belles parcelles, animations le jour de la Saint Fiacre, patron des jardiniers...

De la solidarité à la reconnaissance

Ces jardins sont également un lieu propice à la solidarité. Des programmes de réinsertion y sont implantés pour venir en aide aux personnes en difficultés sociales ou économiques.

Ainsi, des adultes en réinsertion ou fréquentant des centres d'aide par le travail (CAT), peuvent parfois y cultiver des légumes, tout comme les patients des hôpitaux de jour ou les personnes handicapées.

De plus, certains jardins accueillent les enfants des écoles ou des centres aérés, qui bénéficient de parcelles pédagogiques.

Pour valoriser les jardins familiaux, différents concours sont organisés chaque année. Au niveau national, le Conseil National des Villes et Villages Fleuris (CNVVF) offre tous les ans le Prix spécial du fleurissement des jardins collectifs et familiaux. Il récompense une commune ayant réalisé une politique remarquable de jardins familiaux collectifs fleuris et accessibles au public.

Une demande en hausse

Hélas, il y a plus de jardiniers qui veulent travailler la terre que de parcelles disponibles !

A ce jour, il faut attendre en moyenne deux à trois ans avant de s’en voir attribuer une. Quand on jette un regard en arrière, on comprend mieux la situation. A la fin de la Seconde Guerre mondiale, on comptait plus de 700.000 jardins familiaux. Le nombre de ces jardins a baissé à partir des années 1950. En cause : une urbanisation croissante et une société de consommation naissante.

Ainsi, en 1970, on ne comptait plus que 140.000 jardins familiaux, et 100.000 au début des années 1980. On estime leur nombre à 150.000 parcelles aujourd’hui, indique Jérôme Clément, directeur de la Fédération Nationale des Jardins Familiaux et Collectifs (FNJFC).

Les collectivités, partenaires privilégiés

Qui gère les jardins familiaux ? En France, ce sont majoritairement des associations. Il s’agit d’ailleurs d’une prescription du Code Rural. Nombre d’entre elles sont fédérées par la Fédération Nationale des Jardins Familiaux et Collectifs (FNJFC).

Et cette dernière s’implique dans les jardins. Outre leur gestion, elle les crée, les réhabilite, les aménage, les développe, les anime et assure leur défense depuis 1896. Le tout grâce à plus de 350 structures de gestion. En lien avec le ministère de l’Agriculture et de la Pêche et celui de l’Environnement, elle travaille à l’amélioration des lois et règlements concernant la protection des jardins familiaux. Et, comme elle bénéficie d’un bureau d’études, elle propose également ses services aux collectivités pour aider à la création de projets de jardins familiaux, aussi bien d’un point de vue technique que gestionnaire. « Beaucoup de collectivités, et tout particulièrement les communes, ont compris l’intérêt et la nécessité des jardins familiaux. La Fédération voit en elles des partenaires privilégiés et incontournables », explique cette dernière.

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Jardins familiaux - Ville de Tourcoing

 

Entretien

Une forte hausse dans les demandes de parcelles
Didier Klodawski, président des Jardins associatifs de la communauté d'agglomération de Reims qui regroupent environ 250 jardiniers, constate l’engouement croissant des citadins pour le jardinage. Pour faire face à cette demande en hausse, les collectivités locales peuvent mettre à disposition des associations des terrains destinés aux jardins familiaux.


Lire l'entretien

 

Des jardins ouvriers aux jardins familiaux

Les jardins familiaux français sont nés des idées développées en Allemagne par le médecin Daniel Gottlob Moritz Schreber. Il fonda l'association des jardins ouvriers et familiaux pour « éduquer la population » et « améliorer la santé publique ».

Arrivés en France au XIXe siècle, ces jardins ouvriers étaient mis à disposition des habitants par les municipalités. Ils y cultivaient des légumes, pour améliorer leurs conditions de vie. « Les jardins ouvriers professent une vocation sociale et défendent un certain ordre social : s'ils permettent aux ouvriers d'échapper à leur taudis en profitant d'un air plus respirable, ils les éloignent aussi des cabarets et encouragent les activités familiales au sein de ces espaces verts », expliquait alors l'abbé Jules Lemire, homme politique influent et prêtre du diocèse de Cambrai.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, on comptait plus de 700.000 jardins ouvriers en France. Ils deviendront des « jardins familiaux » le 26 juillet 1952.

 

Un cadre législatif adapté en France

La France est un des seuls pays européens à disposer d’une législation spécifique définissant l’activité et la gestion des jardins familiaux. Cette législation se trouve dans le Code rural de 2006 (Art. L 471 et Art. L&R 562).

• Article L 471-1 : A défaut d'accord contraire fixant une durée plus longue, toute location de jardins familiaux que leurs exploitants cultivent personnellement en vue de subvenir aux besoins de leur foyer, à l'exclusion de tout usage commercial, est censée faite pour un an et renouvelable par tacite reconduction.

• Article L 561-1 : Les associations de jardins ouvriers, qui ont pour but de rechercher, aménager et répartir des terrains pour mettre à la disposition du chef de famille, comme tel, en dehors de toute autre considération, les parcelles de terre que leurs exploitants cultivent personnellement, en vue de subvenir aux besoins de leur foyer, à l'exclusion de tout usage commercial, doivent se constituer sous la forme d'associations déclarées ou reconnues d'utilité publique conformément à la loi du 1er juillet 1901.

• Articles L 562-1 et L 562-2 : Les sociétés d'aménagement foncier et d'établissement rural (SAFER) peuvent exercer, à la demande d'un des organismes de jardins familiaux mentionnés aux articles L 561-1 et L 561-2 et dans les conditions définies à l'article 7 modifié de la loi n°62-933 du 08 août 1962, leur droit de préemption en vue de l'acquisition de terrains destinés à la création ou à l'aménagement de jardins familiaux. A la demande des organismes de jardins familiaux, les collectivités locales ou leurs groupements ayant compétence en matière d'urbanisme peuvent également exercer pour le même objet leur droit de préemption, conformément aux dispositions en vigueur du Code de l'Urbanisme.

• Article L 564-3 : Les organismes de jardins familiaux définis à l'article L 561-1 peuvent bénéficier de subvention d'investissement ou de subventions annuelles de fonctionnement de la part de l'Etat, des collectivités locales ou de leurs groupements.

 

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