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Vus d’en haut, on dirait un patchwork vert et brun. Et oui ! Les jardins familiaux sont constitués de parcelles de potagers d'environ 150 m².
Se rapprocher de la natureQuel est le profil type de ces jardiniers et de leur famille ? Des familles qui logent généralement dans un habitat collectif et consacrent à leur parcelle une partie de leur week-end et parfois leurs soirées. Il s’agit soit de ménages qui cherchent à compléter leurs ressources alimentaires, soit de ménages pour lesquels le jardin familial remplace temporairement le rêve de maison à la campagne actuellement impossible à concrétiser.Les jardins familiaux répondent donc à deux attentes : équilibrer un budget familial par la récolte de légumes, mais aussi cultiver des produits sains en se rapprochant de la nature.
Prendre part à une activité collectiveSeule contrainte : s'acquitter d'une cotisation annuelle auprès de l'association loi 1901 qui gère localement ces jardins familiaux. Y adhérer permet de côtoyer d’autres jardiniers et, in fine, de s'impliquer dans une activité collective. Les jardiniers s’engagent ainsi à entretenir et à cultiver la totalité de leur parcelle en toute saison, à participer aux travaux collectifs, à respecter le règlement intérieur des jardins familiaux et à appliquer leurs principes de base. Parmi eux : courtoisie, entraide, respect des autres et de l'environnement.En retour, ils bénéficient de nombreux avantages : convivialité autour d’un barbecue le dimanche, partage des savoir-faire, mise à disposition d’un abri de jardin et d’un point d’eau, formations à des pratiques de jardinage respectueuses de l’environnement, réductions de prix auprès de centrales d'achats, etc. Sans compter que les associations redoublent de créativité pour faire de ces jardins des lieux de vie, multipliant repas et soirées dansants, concours des plus belles parcelles, animations le jour de la Saint Fiacre, patron des jardiniers...
De la solidarité à la reconnaissanceCes jardins sont également un lieu propice à la solidarité. Des programmes de réinsertion y sont implantés pour venir en aide aux personnes en difficultés sociales ou économiques.Ainsi, des adultes en réinsertion ou fréquentant des centres d'aide par le travail (CAT), peuvent parfois y cultiver des légumes, tout comme les patients des hôpitaux de jour ou les personnes handicapées. De plus, certains jardins accueillent les enfants des écoles ou des centres aérés, qui bénéficient de parcelles pédagogiques. Pour valoriser les jardins familiaux, différents concours sont organisés chaque année. Au niveau national, le Conseil National des Villes et Villages Fleuris (CNVVF) offre tous les ans le Prix spécial du fleurissement des jardins collectifs et familiaux. Il récompense une commune ayant réalisé une politique remarquable de jardins familiaux collectifs fleuris et accessibles au public.
Une demande en hausseHélas, il y a plus de jardiniers qui veulent travailler la terre que de parcelles disponibles !A ce jour, il faut attendre en moyenne deux à trois ans avant de s’en voir attribuer une. Quand on jette un regard en arrière, on comprend mieux la situation. A la fin de la Seconde Guerre mondiale, on comptait plus de 700.000 jardins familiaux. Le nombre de ces jardins a baissé à partir des années 1950. En cause : une urbanisation croissante et une société de consommation naissante. Ainsi, en 1970, on ne comptait plus que 140.000 jardins familiaux, et 100.000 au début des années 1980. On estime leur nombre à 150.000 parcelles aujourd’hui, indique Jérôme Clément, directeur de la Fédération Nationale des Jardins Familiaux et Collectifs (FNJFC).
Les collectivités, partenaires privilégiésQui gère les jardins familiaux ? En France, ce sont majoritairement des associations. Il s’agit d’ailleurs d’une prescription du Code Rural. Nombre d’entre elles sont fédérées par la Fédération Nationale des Jardins Familiaux et Collectifs (FNJFC).Et cette dernière s’implique dans les jardins. Outre leur gestion, elle les crée, les réhabilite, les aménage, les développe, les anime et assure leur défense depuis 1896. Le tout grâce à plus de 350 structures de gestion. En lien avec le ministère de l’Agriculture et de la Pêche et celui de l’Environnement, elle travaille à l’amélioration des lois et règlements concernant la protection des jardins familiaux. Et, comme elle bénéficie d’un bureau d’études, elle propose également ses services aux collectivités pour aider à la création de projets de jardins familiaux, aussi bien d’un point de vue technique que gestionnaire. « Beaucoup de collectivités, et tout particulièrement les communes, ont compris l’intérêt et la nécessité des jardins familiaux. La Fédération voit en elles des partenaires privilégiés et incontournables », explique cette dernière. En complément de cet articleDossiers Lien social Suggestion d'articles liés L’éco-quartier, un écrin vert dans la cité Le Concours des Villes et Villages fleuris Le Concours National des Jardins Potagers 2012 Quand le potager prend soin de notre santé... Ailleurs sur la toile Quelques jardins à visiter sur le site de la Fédération Nationale des Jardins Familiaux et Collectifs
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