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Article mis à jour le 23/06/2011
Découverte sante

Avoine et orge, contre les excès de cholestérol

Manger des fibres pour diminuer la quantité de graisses dans le sang. En voilà une idée intéressante… mais que l’on n’aurait pas imaginée sans les avancées de la recherche en nutrition !

3 g par jour de bêta-glucanes

Depuis les années 1960, les études donnent les mêmes résultats : certaines fibres, appelées bêta-glucanes, permettent de réduire l’excès de cholestérol dans le sang, un trouble appelé hypercholestérolémie. Et, depuis 2009, le groupe d’experts de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA), qui vérifie la véracité des allégations santé couramment utilisées, a reconnu que l’allégation « que le bêta-glucane d'avoine réduisait le cholestérol présent dans le sang » était véridique.

Dès lors, combien faut-il en manger ? Une consommation de 3 g par jour de bêta-glucanes est recommandée pour bénéficier de cet effet santé. Elle entraînerait une diminution moyenne de 0,036 g/l du mauvais cholestérol, soit une baisse de 10 % du risque de voir ses artères se boucher au point que le sang ne puisse plus circuler.

Cette solution alimentaire n’est pas à négliger, quand 4 à 10 % de la population française souffrent de quantités trop élevées de graisses (ou lipides) dans le sang (on parle d’hypercholestérolémie quand les taux de cholestérol dépassent les 2 g/l à 2,2 g/l et d’hypertriglycéridémie lorsque le taux de triglycérides dépasse les 1,5 g/l). A tel point que les autorités françaises estiment que ces troubles constituent un véritable problème de santé publique… qui pourrait être partiellement résolu en adoptant une alimentation adaptée.

Stop : tu ne passeras pas !

Mais avant de manger davantage d’avoine, la curiosité pousse à se demander comment ses bêta-glucanes influencent les taux de cholestérol dans le sang. Les mécanismes d’action ne sont pas encore bien définis, mais les scientifiques soupçonnent que l’effet des bêta-glucanes n’attendrait pas l’intestin pour se révéler : au contraire, il se manifesterait dès qu’on les mange !

Les bêta-glucanes augmenteraient l’activité des lipases, des enzymes digestives qui découpent les lipides et les empêchent d’être absorbés au niveau de l’intestin. Et si on en absorbe moins, il y en a également moins dans le sang ! Ces fibres solubles se placeraient également autour du cholestérol et des sels sécrétés par le foie, pour les empêcher de former les structures, appelées micelles, qui leur permettent de franchir la barrière de l’intestin. Dès lors, on absorbe moins de cholestérol et de lipides !

Bêta-glucanes, où vous cachez-vous ?

Certains scientifiques, comme le Pr Jean-Louis Schlienger, endocrinologue à l’hôpital de Strasbourg, estiment que consommer quotidiennement au moins 3 grammes de bêta-glucanes représente une prévention.

Ces fibres solubles visqueuses se trouvent principalement dans le son des céréales, tels que l’avoine et l’orge, mais également dans certains champignons, comme l’Agaricus… c’est-à-dire dans la levure de boulanger !

Pour ne parler que de l’avoine, 80 % de ses fibres solubles sont des bêta-glucanes. Cette quantité diminue un peu dans ses produits dérivés. Ainsi, 100 g de son d’avoine apportent 7,6 à 8 g de bêta-glucanes, mais 100 g de flocons ou de farine d’avoine n’en apportent plus que de 4 à 5 g.

Miam, du pain à l'avoine

Manger de l’avoine, d’accord, mais cette plante ne court pas les rues ! C’est pourquoi, au Royaume-Uni, un pain a été développé avec sa farine. Elle remplace 50 % de la farine de blé. Deux tranches de Hovis Hearty Oats, c’est le nom de ce fameux pain, apportent un gramme de bêta-glucanes, soit un tiers des apports quotidiens conseillés. Ce pain est également pauvre en graisses saturées, ce qui contribue d’autant à réduire les taux de cholestérol.

De leur côté, des chercheurs canadiens, de l’Unité de recherches fondamentales sur l’orge et de l’Unité de recherches sur le blé panifiable, ont décidé d’ajouter une toute petite quantité de fibres d’orge au pain, pour en améliorer la qualité nutritionnelle. Résultats : un pain de plus belle apparence et de bon goût … sans oublier qu’il est également riche en bêta-glucanes !

Pour atteindre les recommandations nutritionnelles, il suffit de remplacer 10 % de la farine de blé par une portion de la partie de l’orge riche en fibres. Et pour les chercheurs, il s’agit d’une solution très intéressante, car elle combine des produits bons pour la santé, sans perdre le bon goût du pain.

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Parcelle d'avoine

 

Entretien

L'avoine : une espèce à redécouvrir
Avoine et orge constituent des cultures dites mineures en France. Malgré cela, les semenciers continuent de proposer de nouvelles variétés toujours plus résistantes aux maladies et dotées de meilleurs rendements. Philippe Lemaire, directeur général de l’entreprise Lemaire Deffontaines, située à Auchy-lez-Orchies (59), explique la démarche de son entreprise pour répondre à la demande des agriculteurs.


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L’avoine, la céréale des Grecs, des gladiateurs et des Gaulois

L’avoine, cette céréale d'origine eurasiatique, servait surtout à l'alimentation des chevaux.

Avec le développement de l’automobile, sa production a donc fortement reculé. Les variétés les plus fréquemment cultivées sont issues de l'espèce Avena sativa. Dans les régions méridionales de l'Europe et dans le bassin méditerranéen, connues pour leurs faibles précipitations, l'espèce Avena byzantina est également cultivée car elle est connue pour avoir de plus faibles besoins en eau. Comme l'avoine supporte mieux la pluie, à la fin de sa croissance, que les autres céréales, elle s'est surtout répandue dans les régions nordiques, notamment en Scandinavie et en Grande-Bretagne.

 

Et l'orge dans tout ça ?

Cette céréale contient également de nombreux bêta-glucanes ! L’histoire de l’orge (Hordeum vulgare) remonte au 5e siècle avant Jésus-Christ. Les Grecs la découvrirent en débarquant sur le rivage de la mer méditerranée pour fonder Néapolis, la future Naples. Elle était alors utilisée sous la forme d’une pâte d’orge mélangée à de l’eau, séchée au soleil, et préparée en sauce.

Au temps de gladiateurs romains, l’orge était la céréale de base de leur alimentation. Cette plante n’est pas exigeante vis-à-vis du climat et on la retrouve aussi bien en Finlande qu’en Afrique du Nord et au Tibet, dont le plat national est le tsampa, une farine d’orge grillée. Mais elle est surtout connue pour son utilisation dans la fabrication de la bière.

 

L'avoine est peu exigeante

L'avoine est la moins exigeante des céréales. Sa production avoisine les 30 hectolitres ou 1. 500 kilos de grains à l'hectare. Le rendement varie suivant la variété, le climat et la nature du sol. Par ailleurs, en fonction des variétés d’avoine, on constate des inégalités dans le degré de maturité des grains d'une même panicule. C’est pourquoi il est important pour l’agriculteur de faire attention aux variétés d’avoine qu’il sème selon les époques de l’année.

Ainsi, dans le midi de la France, on sème en septembre les variétés d'hiver, alors que dans le Centre et dans le Nord, on retarde jusqu'en février ou mars. En 2008, les surfaces d’avoine cultivées en France étaient d’environ 103.000 hectares… contre environ 800.000 en 1970 !

Sources :
www.agriobtentions.fr/grandes cultures/cereales/avoine.html
www.cosmovisions.com/avoine.htm

 

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