Peut-on faire du bio dans son jardin ?

Dans le commerce, les fruits et légumes issus de l'agriculture biologique sont de plus en plus présents. Mais qu'en est-il des potagers ? De nombreux jardiniers amateurs souhaitent aujourd'hui cultiver des légumes bio dans leur jardin. Est-ce vraiment possible ?

Une démarche très encadrée

Pour les agriculteurs, produire bio suppose de s'engager dans une démarche très codifiée. Les règles de production sont définies de façon précise dans des cahiers des charges. De plus, des contrôles réguliers sont effectués par des organismes agréés. Pour les amateurs que nous sommes, il n'est donc pas possible de « produire bio » au sens strict du terme. Par contre, chacun peut s'inspirer des pratiques culturales des producteurs spécialisés dans le bio.

Tout commence par la graine...

Eh oui ! Pour qu'une carotte puisse être considérée comme bio, elle doit être issue d'une graine elle-même produite dans des conditions de culture biologique. Cela implique notamment qu’elle n’aura reçu aucun traitement phytosanitaire, qu’elle aura poussé dans des sols agréés « bio », etc.

De même pour les fruits et légumes que l'on cultive à partir de plants comme les fraises ou les échalotes. C'est un règlement européen qui impose cette règle aux agriculteurs et maraîchers bio depuis 1995. Bien entendu, un jardinier amateur peut aussi utiliser ce type de semences. Les entreprises de production de semences mettent sur le marché des plants et des semences spécialement adressés aux jardiniers désireux de faire du bio. Ils sont proposés dans nombre de jardineries, souvent regroupés au sein d’un rayon dédié.

Nourrir et protéger

Pour se développer, les plantes ont besoin de puiser dans le sol les éléments nutritifs indispensables à leur croissance. De plus, elles apprécient les sols vivants, riches en micro-organismes et en microfaune. En agriculture biologique, les méthodes employées pour la fertilité et l'activité biologique du sol s'affranchissent des produits chimiques de synthèse. Elles consistent par exemple à incorporer au sol de la matière organique (fumier, compost...) ou utiliser des plantes qui enrichissent la terre en éléments nutritifs (légumineuses qui captent l'azote du sol, engrais verts...).

Par ailleurs, pour lutter contre les parasites, maladies et autres ravageurs, les agriculteurs bio combinent différentes actions : choix d’espèces et de variétés adaptées, procédés mécanique ou thermique de désherbage, utilisation des ennemis naturels des parasites. C’est ainsi que de plus en plus de jardiniers se lancent dans le biocontrôle. Le biocontrôle est défini comme un ensemble de méthodes de protection des cultures basées sur le recours à des organismes vivants ou des substances naturelles. Il s’appuie ainsi sur 4 éléments distincts :

  • Les macro-organismes. Ainsi, la coccinelle est précieuse pour venir à bout des pucerons.
  • Les micro-organismes. Certaines bactéries comme les bacilles peuvent se révéler des alliés très efficaces pour lutter contre les ennemis du potager, la larve de coléoptère notamment.
  • Les phéromones, qui perturbent le fonctionnement des insectes.
  • Les substances naturelles. Par exemple, le sulfate de fer, qui fait fuir les limaces.

L’incroyable biodiversité des plantes du potager

Tournée sur le SIA 2015
Emission "Semences Mag" de Campagnes TV - Mercredi 25 février 2015

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Pomme de terre au potager : de la récolte à l'assiette

Quand un jardinier cultive en bio les variétés qui feront le bonheur de toute la famille... Sur les traces de Parmentier (extrait), ©Métaphore Production, 2011

Pour entretenir la fertilité du sol de son potager, il suffit d'appliquer une des lois de la nature : le retour à la terre des déchets qui rentreront dans le grand cycle de la vie. Ainsi, tous les déchets végétaux du jardin et de la maison (tonte de pelouse, épluchures des fruits et légumes, fleurs fanées, feuilles mortes...) peuvent être recueillis dans un silo à compost. Après fermentation, ils donneront un excellent engrais naturel. Pour le réussir, il faut une teneur en eau comprise entre 50 % et 70 % et de l'air. Le compost en cours ne doit pas dégager de mauvaises odeurs mais sentir le sous-bois. En moyenne, il faut compter environ 6 à 9 mois pour obtenir un compost mûr, mais on peut raccourcir ce délai en y incorporant un produit activateur. Le silo doit être placé à l'ombre et à l'abri de la pluie.

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