La préservation de la biodiversité est devenue une préoccupation environnementale majeure de notre société. En agriculture, la biodiversité a été très largement enrichie par l'Homme à partir d'espèces sauvages qu'il a domestiquées depuis la préhistoire. Aujourd'hui, pour ce qui est des plantes cultivées, le secteur des semences conserve ce patrimoine et l'enrichit en créant de nouvelles variétés adaptées aux besoins des agriculteurs, des transformateurs et des consommateurs.

Différentes variétés de choux potagers © Gnis-Sidney Kapuskar

Qu'est-ce que la biodiversité ?

La diversité du vivant

La Terre est peuplée d'une multiplicité étonnante d'êtres vivants : végétaux, animaux, et micro-organismes en constante interaction et adaptation à leur milieu. La biodiversité exprime la variabilité, sous toutes ses formes, des organismes vivants : diversité des écosystèmes (déserts, récifs coralliens, forêts, surfaces cultivées…), diversité des espèces et, moins visible, diversité des gènes et de leurs assemblages. De la diversité génétique provient la diversité entre les individus. La biodiversité a bénéficié d'une reconnaissance internationale suite au sommet de la terre de Rio en 1992, où la Convention sur la diversité biologique (CDB) a été adoptée. Cette convention établit notamment la souveraineté de chaque Etat sur son patrimoine naturel.

La biodiversité agricole

Depuis la préhistoire, l'homme a domestiqué une multitude d'espèces sauvages. Il a ainsi créé des races pour les animaux, des variétés pour les plantes. Ce faisant, il a très largement enrichie la biodiversité, et créé de nouveaux paysages. Le patrimoine génétique des plantes, sans cesse amélioré pour leurs usages, est contenu dans les semences, ou graines.

Enrichir la biodiversité agricole

La création variétale est née du besoin des hommes d’assurer une nourriture régulière, abondante et diversifiée. Pendant des siècles, les hommes ont amélioré les plantes cultivées de façon empirique.

L'histoire de la sélection végétale

Il y a environ 10.000 ans, les hommes deviennent éleveurs-agriculteurs après avoir été pendant très longtemps chasseurs-cueilleurs. Ils apprennent à domestiquer les plantes sauvages et à les adapter à leurs besoins. Les sources d'alimentation sont ainsi plus disponibles. 

Ils sélectionnent les plantes faciles à cultiver, qui sont récoltées pour être semées. Ils favorisent les individus les mieux adaptés, les plus résistants, les plus productifs et nutritifs. L'amélioration des plantes se développe ainsi, de manière empirique, pendant des siècles. 

La découverte de la sexualité des végétaux, vers 1700, puis de la génétique, à la fin du XIXe siècle, posent les bases scientifiques de la sélection végétale. 

Le métier de sélectionneur

Aujourd'hui, des professionnels très spécialisés, les sélectionneurs, perpétuent ce travail d'amélioration sur des bases beaucoup plus scientifiques.

Leur métier consiste à créer de nouvelles variétés à partir des variétés existantes (les ressources génétiques) en croisant entre elles des plantes choisies pour leurs qualités respectives. Ensuite les meilleures plantes issues de ces croisements - les descendants - sont sélectionnées jusqu'à obtenir une plante avec les qualités recherchées. Ainsi naissent de nouvelles variétés qui viennent enrichir la biodiversité agricole existante.

En légumes par exemple, plus de 150 variétés nouvelles viennent enrichir tous les ans les variétés proposées à la vente. Ainsi trouve-t-on aujourd'hui en magasin 3200 variétés destinées à nos potagers, alors qu'en 1971 il y en avait un peu moins de 500.

Mais ce processus nécessite une grande patience : la création d'une nouvelle variété peut demander jusqu'à 15 ans de travail.

L’incroyable biodiversité des plantes du potager

Tournée sur le SIA 2015
Emission "Semences Mag" de Campagnes TV - Mercredi 25 février 2015

La biodiversité des céréales cultivées à la base de toutes les utilisations alimentaires

Dominique THUAUL, Chef produits semences, Terrena Semences. Production : Métaphore, © GNIS 2013

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Le riz : richesse génétique et son adaptation à la Camargue

Guy Clément, Sélectionneur riz, CIRAD. Production : Métaphore, © GNIS 2012

Le mot biodiversité est directement traduit de l'anglais biodiversity, contraction de biological diversity (bios, en grec, signifie la vie). S'il est devenu très courant, ce terme est en fait assez récent : il a intégré les dictionnaires français dans les années 1990.

On estime aujourd'hui le nombre d'espèces vivantes connues, c'est-à-dire étudiées ou simplement décrites, à 1,7 million. Il en reste encore probablement des millions à découvrir, notamment des invertébrés, des bactéries et des champignons. A partir de quelques sondages effectués dans des régions peu étudiées (fond des océans, sommet des forêts tropicales... ), les scientifiques estiment que le nombre total d'espèces se situe entre 10... et 100 millions.

Le saviez-vous ?
Derrière des dénominations comme laitue ou batavia se cachent des dizaines de variétés : la salade est l'un des légumes le plus varié !

On trouve par exemple dans la famille des laitues : la batavia (avec des variétés comme la blonde de Paris, la dorée de printemps…), la romaine (blonde maraîchère, craquerelle du midi…), la classique pommée (brune d'hiver, grosse blonde paresseuse…), ou la feuille de chêne, qui comprennent chacune des dizaines de variétés.

La scarole (grosse bouclée, géante maraîchère…), la frisée (d'été à cœur jaune, d'hiver de Provence…), la trévise, ou la chioggia quant à elles, appartiennent au genre des chicorées, comme l'endive.

La mâche, encore une autre espèce, a des variétés comme Palace ou Fiesta.

Afin de satisfaire tous les goûts, toute l'année, les semenciers ont créé et créent de nombreuses variétés de salades (305 variétés de laitue, 79 variétés de chicorée et 23 de mâche sont inscrites au catalogue).

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