Le maïs : champion de l'adaptation grâce à sa biodiversité

Le maïs est un champion de l'adaptation car sa diversité génétique est véritablement étonnante. © MAIZ'EUROP
Tout ce dont l’homme a besoin se trouve dans la nature ! La biodiversité, immense richesse de gènes, est un patrimoine à préserver. Car si certaines ressources ne sont pas utiles aujourd’hui, elles pourraient le devenir demain face aux nouvelles exigences de l’agriculture et des besoins de la société.

Un champion de biodiversité

Des épis aux grains multicolores, rouges, jaunes et bruns, d’autres minuscules et aux grains noirs, un autre éclatant de sa couleur orange, un autre bleu ou dépassant les cinquante centimètres de long ! Dans ce foisonnement de couleurs, de tailles et de formes, se concentre tout le potentiel d’adaptation du maïs. Un potentiel énorme : cette espèce est cultivée dans près de 150 pays, sur tous les continents, au Nord comme au Sud, au niveau de la mer comme sur les plateaux andins, à 3.000 m d’altitude ! Conserver toutes ces ressources fait partie du métier de sélectionneur, qui préserve ainsi le réservoir de gènes permettant d’assurer le progrès variétal.

Un champion de l'adaptation

Les plus vieux épis de maïs, datés de 9.000 ans, ont été retrouvés sur les terres du Mexique actuel. Des épis fossiles tout petits, qui ne mesuraient guère plus de 2,5 cm de long. Avec les grandes explorations, le maïs traverse l’Atlantique dès le 15ème siècle et arrive sur le vieux continent : Christophe Colomb l’introduit au Portugal, Jacques Cartier en Normandie. Des chemins différents le font évoluer au gré des croisements, des régions aux conditions variées auxquelles il doit s’adapter et aussi de la sélection réalisée par des agriculteurs, qui récoltaient leurs épis favoris puis les replantaient l’année suivante. Des populations de pays spécifiques à chaque région ont été créées de cette façon. Dans les Pyrénées, des maïs complètement différents ont ainsi émergé d’une vallée à l’autre, se diversifiant en 270 populations reconnues comme typiquement françaises. En quelques milliers d’années, le maïs est devenu un champion de l’adaptation grâce à une multitude de particularités génétiques dont sont dotées ses populations ancestrales, sauvages ou sélectionnées. Tout tient à cette biodiversité. Si on ne la maintenait pas, on perdrait des chances de répondre au changement climatique, aux maladies. De grands programmes s’attachent à conserver ces réservoirs de gènes, qui seront peut-être utiles demain pour des besoins encore inconnus.
1.400 centres veillent dans le monde sur plus de 6 millions d’échantillons de semences, dont 1,5 millions sont distincts. Parmi eux, le Groupe Consultatif pour la Recherche Agricole Internationale (CGIAR) regroupe des centaines de milliers d’échantillons par type de plantes cultivées. Le centre de Mexico est spécialisé dans le maïs et le blé. Celui de Lima, au Pérou, prend soin des pommes de terre, celui de Cotonou, au Bénin, veille aux grains de riz…
Les recettes pour conserver les semences dans ces banques sont précises et adaptées aux caractéristiques de chaque espèce. Pour les maïs destinés au pur maintien des lignées, direction la chambre froide à -20° où les grains restent près de 50 ans. Les échantillons voués à être distribués sont soumis à un régime moins strict : un frigo à 4°C. Pour ne pas perdre les qualités d’origine, une régénération est lancée tous les 20 ans à partir de quelques centaines de graines prélevées dans les sachets de conservation.
Les semenciers ont été les premiers en France à se préoccuper de la conservation de la biodiversité cultivée. Depuis plus de 200 ans, ils répertorient, décrivent et maintiennent des ressources génétiques dans des collections privées. Le Bureau des Ressources Génétiques créé en 1983 (aujourd’hui la Fondation scientifique pour la biodiversité) a mis en place 27 réseaux auxquels participent instituts publics, semenciers et associations. Ces réseaux abritent des collections nationales regroupant les variétés représentatives du patrimoine français. 1.300 variétés ou populations originaires de toute l’Europe sont ainsi conservées en partenariat entre l'INRA et Pro-Maïs qui regroupe l'ensemble des entreprises de sélection. Le réseau tournesol, avec 3.300 variétés, est aussi coordonné par l’antenne INRA de Montpellier. Les céréales à paille sont gardées à Clermont-Ferrand.

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