Pourquoi les semences françaises sont-elles si recherchées ?

La production de semences en France bénéficie de nombreux atouts qui en font un secteur d'excellence à l’échelle européenne et mondiale. Grâce à des conditions pédoclimatiques favorables, un écosystème structuré, une technicité reconnue de chaque acteur, des infrastructures industrielles modernes et un système de certification rigoureux, la France peut se targuer, cette année encore, d’être le premier producteur européen de semences et sur le podium des exportateurs mondiaux.

Champ de production de semences de tournesol © SEMAE-Philippe Roux

La France bénéficie d’une diversité pédoclimatique unique en Europe, offrant ainsi des conditions idéales pour la production de semences d’un large éventail d’espèces, qu’il s’agisse des céréales, du maïs, de légumes, de fourragères ou de potagères. En 2025, 380 411 ha (source Semae- décembre 2025) – dont 132 254 ha de céréales et protéagineux - étaient consacrés à la multiplication de semences, mobilisant plus de 16 500 agriculteurs multiplicateurs. Rien qu’en maïs, près de 2000 variétés de maïs sont, en moyenne, multipliées chaque année dans les différentes régions de l’Hexagone sur 64 000 ha, sous des climats oscillant entre continental, atlantique et méditerranéen. De cette diversité de contextes de production découle un avantage incontestable : le réseau français s’affiche comme l’un des plus réguliers au monde, et l’un des plus sûrs vis-à-vis des risques climatiques. Une assurance aussi pour répondre à un marché de plus en plus segmenté.

La certification française, très exigeante

Au cœur de cette filière de production : les agriculteurs multiplicateurs. Formés, triés sur le volet, ils font preuve d’un haut niveau de technicité. Car produire des semences ne s’improvise pas. Cela demande le respect strict d’un cahier des charges, à commencer par l’isolement des parcelles et la présence, souvent incontournable, d’un système d’irrigation. Toutes les étapes de production sont contrôlées : par les entreprises semencières qui portent les contrats mais aussi par des audits externes, garants du sérieux de toute la filière. La certification française s’affiche d’ailleurs comme l’une des plus exigeantes au monde, pilotée par la Direction de la qualité et du contrôle officiel de Semae (SOC-France), en délégation du ministère de l’agriculture. Ce système garantit à l’utilisateur final la qualité génétique, sanitaire et physiologique des semences. 
Car avant de se retrouver dans un sac, prêtes à être commercialisées, les semences certifiées font l’objet de multiples contrôles : analyses de pureté, taux de germination, absence de pathogènes... Ce système, reconnu au niveau international, confère aux semences françaises une fiabilité et une valeur ajoutée très appréciée notamment à l’export. Ne l’oublions pas : près d’une semence sur deux produite en France, 59 % exactement, est exportée. D’ailleurs, avec une balance commerciale de + 1,3 milliard d’euros en 2024/25, la France reste le premier exportateur mondial de semences de grandes cultures et le 2e toutes semences confondues. Les semences françaises sont présentes dans plus de 150 pays, avec des positions fortes en Afrique, en Europe de l’Est, en Amérique latine et en Asie.

Une recherche variétale dynamique

La France possède aussi un maillage performant d’outils industriels, répartis sur l’ensemble du territoire, ce qui permet d’assurer une prise en charge rapide des récoltes, préservant ainsi la qualité des graines, tout en limitant les coûts logistiques. Ces usines sont dotées d’équipements de pointe pour le tri optique, le traitement phytosanitaire de précision, l’ensachage automatisé et la traçabilité numérique. Elles sont ainsi capables de s’adapter aux demandes de chaque client, quel que soit le volume souhaité : de la dose de 50 000 graines au big-bag, le tout en assurant régularité et qualité de la production. 
La production de semences s’appuie aussi sur une recherche variétale très active, portée par plus de 130 stations de recherche qui permettent l’inscription, chaque année, de 500 nouvelles variétés. Cette dynamique favorise l’émergence de génétiques mieux adaptées aux attentes des agriculteurs, des consommateurs mais aussi aux stress biotiques et abiotiques, sans oublier les enjeux de durabilité auxquels doit faire face le monde agricole. Le recours au phénotypage de haute précision et l’arrivée de l’intelligence artificielle dans les programmes de recherche renforcent la compétitivité de la filière française.
L’organisation de la filière semences, structurée autour d’une interprofession forte, portée notamment par Semae, est également propre à la France. Regroupant tous les maillons de la filière - sélectionneurs, multiplicateurs, établissements semenciers, distributeurs, agriculteurs – elle permet d’assurer une coordination efficace du secteur à la fois d’un point de vue technique, réglementaire et promotionnel. Un schéma qui offre la possibilité à tous d’avancer dans la même direction, avec les mêmes objectifs.
Anne Gilet

La France dispose d’une réglementation imposant la certification officielle des semences avant leur commercialisation : une exigence matérialisée par l’apposition du certificat SOC-France (Service officiel de contrôle de SEMAE, dépendant du ministère de l’Agriculture) sur les sacs de semences vendus aux agriculteurs. Une telle certification assure l’identité et la pureté des variétés, leur faculté germinative ainsi que l’absence d’organismes nuisibles. Pour aboutir à un tel résultat, des contrôles ont lieu à chaque étape de production : des parcelles de multiplication jusqu'à la mise en sac, en usine. 

- 75 entreprises de sélection
- 16 504 agriculteurs multiplicateurs
- 380 411 ha de multiplication
- 1er producteur européen de semences,
- 1er exportateur mondial en semences agricoles et 2e exportateur mondial toutes semences confondues 
(Source SEMAE)
 

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