Début octobre 2025, la récolte de blé noir - aussi appelé sarrasin - battait son plein en Bretagne, région historique de cette culture (1). « Les rendements ne sont pas très élevés cette campagne, avec 3 500 t attendues de farine IGP, mais la qualité est bien là ! résume Christine Larsonneur, directrice de l’association Blé Noir de Bretagne. Nous totalisons 4 000 ha de blé noir, contre 5 000 ha l’an dernier En 2024, la moisson était très mauvaise, ce qui a freiné la mise en culture cette année. Malgré tout, grâce aux reports de stocks, notamment de 2023, nous aurons de quoi satisfaire nos marchés avec notre farine IGP. »
L’obtention de l’Indication Géographique Protégée remonte à 2010 pour la farine de blé noir de Bretagne. Fruit d’un long...très long combat ! En effet, c’est en 1987 qu’une association de producteurs de Rostrenen dans le Centre Bretagne, berceau de la production de blé noir, a été créée pour sauvegarder ce savoir-faire ancestral. « Ces huit producteurs en bio cultivaient ainsi le blé noir sur des sols pauvres de landes, et faisaient sécher la récolte dans des greniers, avant de la vendre aux minotiers. Ces derniers transformaient les graines en farine alors vendue aux crêpiers. Mais la farine de blé noir n’était pas évidente à travailler, à cause des conditions de séchage aléatoires », rappelle la responsable.