Une alimentation riche et diversifiée pour les bovins

Hervé Hunault-Eleveur Bleu Blanc Coeur-Loire Atlantique

Racontez-nous un peu votre histoire. Quel est votre chemin jusqu’ici ?

Hervé Hunault-Eleveur Bleu Blanc Coeur-Loire Atlantique
Depuis fin 1999, je suis installé en GAEC, avec mon cousin. Nous avons repris la ferme familiale, en l’agrandissant. Nous sommes la quatrième génération d’agriculteurs dans la famille. Nous avons poursuivi l’activité d’élevage bovin, avec la même race « Rouge des près » (AOC Maine Anjou), mais en accroissant le cheptel. Cette race locale des pays de la Loire est rustique et docile, plus calme qu’une Limousine ou qu’une Charolaise. Sa viande a la particularité d’être rouge, moelleuse et persillée. Je me suis installé éleveur à l’âge de 35 ans, après avoir été commercial. C’est ce parcours qui m’a donné envie de faire de la vente directe, dès le début. Je voulais faire un « retour à la terre » - fils d’agriculteurs, j’avais ça dans le sang – mais en valorisant mes acquis commerciaux.

Combien d’animaux possédez-vous ? Quelle sont vos différentes cultures ? Comment organisez-vous l’alimentation des vaches ?

Nous avons aujourd’hui 80 vaches allaitantes sur 80 hectares d’herbe. Nous implantons des prairies dites « agro-bio ». Nous semons trois ou quatre graminées : en général deux Ray-grass anglais, un diploïde et un tétraploïde, en association avec de la fétuque. Pour les légumineuses, nous associons du trèfle blanc et du lotier. Ces prairies sont implantées pour cinq ans et constituent la majorité de nos surfaces d’herbe. Nous semons aussi, en fonction des rotations avec les céréales, un autre type de prairie : du Ray-grass italien en association avec du trèfle violet, implantées entre 6 et 18 mois. Nos cultures s’étendent sur une centaine d’hectares : 60 hectares dédiés aux céréales (blé et triticale), 20 hectares de colza, 20 hectares de maïs. Nous gardons, pour nourrir nos vaches, 2 hectares de céréales et 5 hectares de maïs ensilage destiné aux jeunes bovins, ainsi que nos besoins en paille. Le reste est destiné à la vente. L’hiver, les animaux se nourrissent de foin. Nous disposons d’une luzernière permettant l’enrubannage et la fabrication de foin, source de protéines et d’acides gras « oméga 3 », première source après le lin. Nous achetons aussi du lin extrudé : une farine de lin légèrement chauffé pour activer les « oméga 3 », entre 50 et 60 degrés, et broyé, que nous donnons aux animaux un ou deux mois avant l’abattage. Nous sommes donc, à part le lin, autonomes en ce qui concerne l’alimentation des animaux. Nous sommes par ailleurs engagés dans le « certiphyto » qui consiste à réduire les apports de produits phytosanitaires. Nos pâtures sont cultivées sans engrais chimiques ni pesticides. Le cheptel bovin est conduit avec les savoir-faire de l’agriculture biologique : pas de traitement chimique mais deux cures préventives pour l’hiver, principalement des huiles essentielles de thym et d’ail.

Pourquoi réintroduire des acides gras « oméga 3 » dans l'alimentation de vos animaux ?

Je souhaitais, dès mon installation, proposer à mes clients un produit haut de gamme, doté de belles qualités nutritives et gustatives. J’ai donc cherché ce que je pourrais donner de mieux à mes animaux. L’association « Bleu Blanc Cœur » est née presque au même moment et j’y ai adhéré pour valider mes pratiques. Cette appellation certifie une alimentation « santé », sur des bases scientifiques. En tant qu’éleveur, nous avons des contrôles tous les ans, avec une obligation de résultats quant à la quantité d’oméga 3 dans la viande. En effet, ces acides gras sont essentiels d’un point de vue nutritionnel : ils diminuent en particulier l’incidence des maladies cardiovasculaires et celle de l’obésité.

Quel retour avez-vous de la part de vos clients ? Quels débouchés se développent en particulier ?

Nous avons plusieurs agréments : - « Bleu Blanc Cœur », - L’AOC impose un faible chargement par hectare et une alimentation sans ensilage ni OGM, - « Bienvenue à la ferme », - « Tradition bovine de Châteaubriant », association d’éleveurs commercialisant leur viande aux collectivités. Nous vendons directement aux particuliers depuis 2000 : colis sur place ou livrés dans la région ou sur Paris, marché de producteurs, AMAP. Depuis deux ans, nous avons développé la vente aux collectivités locales, collèges-lycées et aux restaurants régionaux. Notre qualité est régulière, le produit frais, les clients sont fidèles, heureux du contact avec l’éleveur, contact dont on sent qu’ils ont vraiment besoin, à chaque livraison. Concernant la vente aux écoles, aux hôpitaux, aux maisons de retraite, nous vendons des produits en y associant des animations : je me sers alors parfois du jeu pédagogique « Milgraines » conçu par le GNIS, comme support d’animation. Ce qui me plaît c’est le contact direct avec le consommateur, c'est-à-dire « aller jusqu’au bout », ne plus avoir à traiter avec l’agro-industrie et les grandes surfaces, être indépendant, avoir aussi le libre choix de la tarification». Pour en savoir plus : http://www.vivien-danjou.fr
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