Lutter contre la famine par la création de nouvelles variétés de sorgho

Au Niger, Gebisa Ejeta examine un champ de sorgho infesté de striga, une plante parasite violette -  Crédit photo : Fondation Prix mondial de l'alimentation.
Considéré comme le «prix Nobel» dans le domaine de l'agriculture, le prix mondial de l’alimentation, a été attribué en 2009 à Gebisa Ejeta, professeur d’agronomie à l’Université de Purdue (Etats-Unis). Il a été honoré pour ses recherches « relatives à l'amélioration de la production et des caractéristiques de résistance du sorgho ». En effet, dans de nombreux pays, les conditions climatiques et le développement des parasites peuvent rapidement mettre en danger les populations. Gebisa Ejeta, originaire d’une zone rurale d’Afrique, botaniste et généticien, a su agir pour sécuriser et améliorer les conditions de vie de ceux qui dépendent uniquement de leurs cultures vivrières, et en particulier du sorgho.

Plants résistants à la sécheresse

Originaire d’Ethiopie, Gebisa Ejeta, né en 1950, travaille à la création de variétés de sorgho résistantes à la sécheresse. Il a commencé ses recherches en 1980 dans le nord du Soudan avec la mise au point du premier plant de sorgho résistant à la sécheresse et qui permet d’obtenir des rendements supérieurs de 50% à ceux du sorgho traditionnel. Aujourd’hui près de 1 million d’hectares de ce plant de sorgho sont cultivés annuellement au Soudan. Les travaux du généticien concernent également le Striga hermonthica, plante parasite qui serait responsable de la perte de près de 40% des récoltes de sorgho en Afrique. Gebisa Ejeta s’est attaché à mieux comprendre les mécanismes du parasitisme pour mieux le combattre.

Le blé des africains

En Afrique, les surfaces cultivées en sorgho représentent la moitié des surfaces mondiales pour cette espèce. En effet, le sorgho est bien adapté aux régions sèches ou semi-arides. De plus, le sorgho est riche en protéines et facile à digérer. Enfin, comme le maïs, c’est une plante peu sensible aux maladies.

Le prix mondial de l’alimentation

C'est le professeur Norman Borlaug qui a créé le prix mondial de l'alimentation en 1986. Lauréat du prix Nobel de la paix, il est reconnu comme le père de la révolution verte qui a permis de sauver la vie de millions de personnes en proie à la famine dans les années soixante et au début des années soixante-dix. Le prix est remis tous les ans à une personne (scientifique, économiste ou homme politique) dont les efforts ont permis «une amélioration considérable de la qualité et de la disponibilité des produits alimentaires dans le monde». Le lauréat 2009, Gebisa Ejeta, s’est également préoccupé de la mise en place de structures agricoles permettant aux paysans pauvres d’avoir accès facilement à ces semences, facteur de sécurité alimentaire.
Un observatoire technico-économique réalisé sur 3 ans par Arvalis - Institut du végétal dans la région Midi-Pyrénées, la vallée du Rhône et le Poitou-Charentes indique que le sorgho est intéressant pour les agriculteurs par rapport aux grandes cultures d'été. Le débouché principal demeure l’alimentation animale pour laquelle le sorgho présente une bonne qualité nutritive. Avec la volonté des Pouvoirs publics de développer les énergies renouvelables, le sorgho a également sa carte à jouer, tant pour la production de bioéthanol grâce à ses grains riches en amidon, que pour la production d'autres sources énergétiques (thermique, électricité...), grâce à sa biomasse précoce, pour une culture de printemps.
Afin de proposer des variétés de sorgho toujours mieux adaptées aux conditions agro-climatiques françaises, les sélectionneurs mutualisent leurs efforts au sein de Pro-Sorgho. C’est une association sans but lucratif qui réunit cinq acteurs majeurs de la recherche génétique française : Caussade Semences, Euralis Semences, R2N-RAGT Génétique, Semences de Provence et Jouffray-Drillaud Semences. Les travaux de recherche portent principalement sur l'amélioration de la précocité, du rendement, de la tenue de tiges et de la qualité du grain. Pro-Sorgho travaille notamment avec le Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement). Le Cirad, très actif dans les pays tropicaux, est en effet habilité pour recevoir, étudier, et évaluer des ressources génétiques en provenance des différents pays dans lesquels il travaille.
Le sorgho est une plante cultivée pour ses graines ou pour son fourrage, non seulement dans de nombreux pays d’Afrique où il constitue une céréale de base mais aussi en Asie, aux Etats-Unis et en Europe, comme dans le sud de la France. Le sorgho, appelé également gros mil en Afrique, résiste bien à la chaleur, à la sécheresse et à la pauvreté des sols. C’est la cinquième céréale cultivée au monde après le maïs, le riz, le blé et l’orge. Le sorgho est probablement originaire d’Ethiopie, d'où il s'est répandu dans toute l'Afrique.

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