Sans « bonnes semences », pas de bonnes récoltes

Pour un agriculteur, le choix des semences est primordial. En effet, s’il veut obtenir une récolte en quantité et de qualité, il doit choisir des variétés qui donneront le maximum de leur potentiel et qui soient parfaitement adaptées à sa région et à ses terres.

Semences de maïs  Gnis-Sébastien Champion

Des semences pour chaque territoire

C’est pour cela que tous les semenciers, même internationaux, font des essais dans différents pays et terroirs. Par exemple, les variétés de maïs seront choisies en fonction des régions, des ressources en eau et de la qualité du sol. Les variétés utilisées au nord de la Loire ne seront pas celles du Sud. Il en est de même pour toutes les céréales et beaucoup de fruits et légumes. L’agriculteur (ou le maraîcher) devra ensuite choisir les pratiques de culture adaptées à la variété semée ou plantée. Quel que soit son mode de production (bio ou conventionnel), il  devra aussi  lutter contre les attaques des ravageurs et les maladies, en adaptant ses pratiques, en utilisant, de moins en moins, des pesticides et, de plus en plus, des techniques de biocontrôle (1). Une récolte saine est gage de meilleure conservation et permet de lutter contre les pertes. Pour le maïs, certains champignons cancérigènes peuvent se développer sur des grains abîmés. Ils présentent un tel risque pour la santé humaine et animale que la Commission européenne a imposé un seuil de présence maximal de ces mycotoxines (toxines issues de champignons). De même, les pommes « tachées », plus dures à conserver, sont souvent boudées par les consommateurs.

Les agriculteurs ont donc tout intérêt à semer des variétés adaptées à leurs territoires mais aussi résistantes à des maladies pour produire mieux, plus sain, et assurer une meilleure commercialisation de leurs productions. 

Comment se conserve une semence et comment savoir si elle est de qualité ?

Une semence est un matériel végétal vivant, sous un dehors « dormant ». Mais toutes les semences n’ont pas la même durée de vie. Elle est en moyenne de 4 à 6 ans, mais varie fortement, pour les céréales comme pour les fruits et légumes. Cette durée de vie correspond en fait à la capacité de la graine à germer au bout d'un certain temps : elle est de seulement un an pour le panais, de deux ans pour le maïs ou l’oignon, et de plus de dix ans pour le concombre ou le salsifis.

Pour délivrer des semences pures et à germination garantie, les professionnels doivent apporter le plus grand soin à la production, au conditionnement, au stockage, à la conservation, à la manipulation et à la vente de ce matériel végétal. Il ne s’agit pas simplement de dater le stockage, mais aussi de le faire dans des conditions de température et d’hygrométrie qui maximiseront la conservation des semences, de les conditionner dans des emballages adéquats et de les délivrer aux agriculteurs avec un maximum de garanties.

Objectif : zéro perte

La difficulté est que l’acheteur ne peut pas vérifier instantanément et visuellement la bonne qualité du produit qu’il achète. C’est pourquoi le commerce des semences et des plants, tout comme leur production, est réglementé en Europe. Les variétés que les agriculteurs achètent doivent être inscrites dans le Catalogue officiel des espèces et variétés et, avec la certification de l’Etat, les paquets de semences sont étiquetés, ce qui leur permet d’avoir accès à toutes les indications de provenance et aux dates de production des semences. C’est un gage de qualité. La réglementation permet donc aux agriculteurs de savoir ce qu'ils achètent et combien de temps ils peuvent conserver leurs semences.

Comme dans tous les marchés concurrentiels, certaines semences peuvent être moins demandées que d’autres, et c’est donc au semencier d'ajuster au mieux ses productions à la demande, et d’éviter ainsi tout gaspillage dès le début de la production alimentaire.

Marie Rigouzzo

(1) Le biocontrôle est un ensemble de méthodes de protection des végétaux basées sur l’utilisation de mécanismes naturels. Seules ou associées à d’autres moyens de protection des plantes, ces techniques sont fondées sur les mécanismes et interactions qui régissent les relations entre espèces dans le milieu naturel. Ainsi, le principe du biocontrôle repose sur la gestion des équilibres des populations d’agresseurs plutôt que sur leur éradication.

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