Quand les plantes fourragères protègent l'environnement

Photo graminée fourragère
Graminées et légumineuses font partie d'un vaste ensemble, celui des plantes fourragères. Destinées à l’alimentation animale, via le pâturage ou la fauche, ces plantes peuvent avoir de nombreux bénéfices pour nos écosystèmes agricoles. Un quart de nos prairies est régulièrement semé par les éleveurs pour nourrir leurs animaux. Les fourragères, ce sont aujourd’hui 14 espèces et 540 variétés de graminées et de légumineuses : leur diversité est le résultat d’un travail de recherche et d’adaptation à des conditions variées de sols et de climats.

Nourrir les animaux en fonction du sol et du climat

« L’homme a toujours utilisé les plantes herbacées pour nourrir les animaux. A l’origine, il s’adaptait à la nature en déplaçant les troupeaux là où l’herbe était verte et de qualité. Une différenciation s'est rapidement instaurée entre les prairies adaptées au pâturage et celles adaptées à la fauche. Un choix qui était lié au type de flore », explique Julien Greffier, spécialiste des fourragères au GNIS (Groupement National Interprofessionnel des Semences et plants). La flore dépend du sol, du climat, et des proportions en graminées et légumineuses. Aujourd'hui encore, les éleveurs cherchent la « bonne recette », en fonction de leur environnement et de leurs animaux. « Pour chaque semis de prairie, l’éleveur doit choisir les espèces adaptées à la situation », poursuit le spécialiste.

La diversité au service de l’environnement

Parallèlement à l’alimentation des animaux domestiques, les plantes fourragères peuvent concourir à des bénéfices environnementaux. « Des mesures réglementaires ont été mises en place et de nombreuses initiatives ont également vu le jour pour préserver la biodiversité », assure le spécialiste. La diversité permet de répondre à des impératifs environnementaux. Le ray-grass d’Italie, les crucifères et la phacélie, caractérisés par leur rapidité d’implantation, sont à ranger parmi les « pièges à nitrates » : leur installation pendant l'automne et l'été, imposée par la réglementation, constitue un couvert végétal et évite le lessivage des nitrates à travers le sol nu. Autre service rendu à l’écosystème par les plantes fourragères : les bandes enherbées. « Celles-ci sont implantées pour limiter les effets de l’érosion : elles retiennent et dégradent les résidus de pesticides éventuels et favorisent l’hébergement de la petite faune», explique le spécialiste. Pour être efficace, cette protection végétale doit être permanente. Plantes « éponges » élues ? La fétuque élevée et ses semblables à gazon, le trèfle hybride, ainsi que la plupart des graminées et des légumineuses pérennes. Le rôle essentiel de la biodiversité n’est plus à démontrer. Dans cette optique, les jachères mellifères prennent un intérêt particulier. Leur but ? Fournir du pollen, nécessaire à la santé des abeilles, et du nectar, indispensable pour la fabrication du miel. Les butineuses s’en donnent à cœur joie dans les fleurs de luzerne, de sainfoin, de vesce et de trèfle : car les reines en matière mellifère sont bien les légumineuses, les nombreuses espèces permettant des ressources variées. Mais les plantes fourragères ne servent pas que ces petits insectes ! Elles servent aussi de gîte et de couvert pour le gibier, petit ou grand ! « Le gibier a quatre besoins », rappelle Julien Greffier. « Se nourrir, se cacher, se reproduire et se reposer. L’implantation de couverts végétaux spécifiques permet de répondre à un ou plusieurs de ces objectifs ».

Une création variétale active

Les plantes fourragères regroupent donc un grand nombre d'espèces et de variétés. La sélection des plantes fourragères s’est accélérée dans les années 1950. Première concernée par le travail des sélectionneurs à ce moment là : la luzerne. Dès 1961, « le catalogue officiel est créé et la sélection fourragère va dès lors prendre une autre dimension », constate Julien Greffier. Toutes les espèces sont progressivement concernées par la recherche. C'est indéniablement sur la tolérance aux maladies que les progrès les plus intéressants ont été réalisés au cours du dernier demi-siècle. Les résultats encourageants des sélectionneurs se comptent aussi dans les lignes du catalogue officiel : tous les ans, trente nouvelles variétés y sont inscrites, venant s'ajouter aux plusieurs centaines déjà existantes. Article issu de la journée Biodiversité organisée par le Gnis le 21 septembre 2011 à Pau-Montardon.
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Couverts végétaux, facteurs de biodiversité

Paul Rouvreau, resp. agronomique chez Jouffray-Drillaud, expose les atouts des couverts végétaux pour l'environnement. Extrait des journées biodiversité Gnis 2010. © Metaphore production.

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Biodiversité pour fourrages aux petits oignons

Annick Basset, sélectionneur chez Jouffray-Drillaud , explore la variabilité offerte par la nature pour la mettre au service des éleveurs. Extrait des journées biodiversité Gnis 2010. © Metaphore prod

Parmi l’éventail dont les éleveurs disposent, certaines espèces sont emblématiques. C'est le cas du ray-grass anglais, plante de pâturage par excellence, en association avec le trèfle blanc, car très appétant et doté d’une excellente valeur alimentaire. Le ray-grass d’Italie est une plante de fauche : il pousse rapidement, offre un fourrage de bonne qualité et affiche de bons rendements. C'est aussi le cas du trèfle violet ou du brome. La graminée « tout-terrain »? La fétuque élevée, car elle s'adapte à tous les sols. En raison du changement climatique, les éleveurs commencent à lorgner du côté des plantes qui tolèrent des conditions plus sèches : la luzerne, grâce à son système racinaire puissant, répond bien à cette problématique, en plus d’être une bonne source de protéines. Même « régime sec » pour le dactyle. Les sols humides ont eux aussi leurs adeptes, à l'instar du trèfle hybride, une légumineuse ensemencée aussi bien sur les pâtures que sur les prairies de fauche. Restent les sols pauvres ou calcaires : le sainfoin est capable de s’y adapter.
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