Les futurs maïs résisteront à la sécheresse

Des chercheurs américains ont trouvé le moyen de rendre le maïs plus tolérant à la sécheresse. Cette découverte est capitale pour cette culture dans les régions sèches ou en périodes de déficit en eau. Elle contribuera à économiser l'eau et à s’adapter au changement climatique.

La plante peut poursuivre sa croissance même sans eau

Le caractère de tolérance à la sécheresse est conféré par un gène présent à l'état naturel dans «Bacillus subtilis», une bactérie que l’on trouve habituellement dans le sol. Introduit dans le maïs, ce gène aide la plante à se développer pendant les périodes d’insuffisance en eau. Le maïs est particulièrement sensible au manque d'eau de la floraison au remplissage du grain, ce qui détermine le nombre de grains, leur grosseur et donc la production de la culture. Limiter l'impact de l'effet sécheresse sur la plante doit apporter aux populations une meilleure sécurité au niveau des rendements. Quatre années d'expérimentation aux Etats-Unis et en Amérique du Sud ont montré qu'en conditions de sécheresse, les variétés qui contiennent ce gène présentent un rendement supérieur moyen entre 7 et 15 %. Les tests se poursuivent en toutes régions du monde dont l'Afrique. D'après un calcul de la FAO *, une meilleure utilisation de l'eau de 1% rend disponible, en moyenne, 24 litres d’eau supplémentaires par personne et par jour ! *FAO : Organisation des Nations-Unies pour l'agriculture et l'alimentation

Pour qui, pour quand ?

Cette nouvelle technologie est le fruit du partenariat de recherche entre BASF et Monsanto. Elle devrait être utilisée dans les variétés lancées en 2012 sur le continent nord-américain, deux ou trois ans plus tard en Amérique du Sud, mais pas avant… 2018 ou 2020 en Europe où les essais n'ont pas encore commencé. Quant à l'Afrique, c'est elle qui abrite les populations les plus vulnérables aux phénomènes extrêmes. Selon la FAO le changement climatique provoquera des hausses de températures et des sécheresses plus nombreuses et plus longues, surtout dans les régions déjà sèches. Pour lutter contre les effets dramatiques de la sécheresse – catastrophes de production, faim et pauvreté - un partenariat a été créé, intitulé WEMA (Maïs économe en eau pour l'Afrique). Les partenaires de WEMA utiliseront les biotechnologies pour créer et mettre à disposition des agriculteurs africains des variétés de maïs tolérantes à la sécheresse, libres de droits.

Empilement d'innovations

D'autres innovations arrivent. Une seconde génération de maïs tolérants à la sécheresse est déjà en préparation. Les suivants combineront plusieurs améliorations en ajoutant par exemple une meilleure efficience de la plante vis à vis de l'azote. A la clé des économies d’engrais ou des rendements supérieurs avec le même niveau de fertilisation.

Pour faire face au changement climatique et à son impact sur la sécurité alimentaire en Afrique, il faut une véritable mobilisation.

Des projets comme le WEMA (Maïs économe en eau pour l’afrique) nécessitent de réunir le maximum de compétences et de moyens. Dans ce projet, le Centre international pour l’amélioration du maïs et du blé (CIMMYT), un organisme à but non lucratif, fournit des variétés à bon rendement et adaptées aux conditions locales. Les firmes Monsanto et BASF fournissent les ressources génétiques, les trangènes de tolérance à la sécheresse et leur expertise scientifique.

La Fondation africaine pour les technologies agricoles (AATF) et les organismes de recherche nationaux en Afrique de l’est et du Sud gérent le projet.

Enfin, les groupes de fermiers et les sociétés semencières apporteront leur expérience des essais en plein champ, de la multiplication et de la distribution des semences.

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