A chaque pelouse... sa réponse Semences !

Le Groupement National Interprofessionnel des Semences et plants (Gnis) vient d’éditer un document intitulé A chaque pelouse... sa réponse Semences !. Son objectif : faire toute la lumière sur les semences et les plants adaptés aux différents types de pelouses. En effet, leurs formes se multiplient ces dernières années, pour répondre à des besoins sociaux, de biodiversité et d’entretien. Qu’est-ce qu’une pelouse ou une prairie, quand on parle d’espace vert ? Interviewez plusieurs responsables de services Espaces verts et vous obtiendrez une quantité de réponses. Car, depuis une dizaine d’années, ces termes regroupent des réalités très différentes : espaces sportifs, d’ornement, de détente… mais également espaces plus extensifs qui intègrent la notion de biodiversité, avec un entretien limité. Dès lors, que dire de la difficulté dans laquelle est plongé le semencier qui doit répondre à un appel d’offre pour « ensemencer une pelouse de plusieurs milliers de m² » ? Et que dire également de la déception de certaines collectivités qui, face à une « prairie fleurie » qui ne fleurit que dix jours par an, regrettent de ne pas avoir exprimé plus clairement leurs besoins ?

Problème N°1 : un manque de compréhension entre municipalités et fournisseurs de semences

Pour éclaircir les idées des uns et des autres, le document intitulé « A chaque pelouse .... sa réponse Semences ! » répond à deux constats : « Les municipalités, dont les préoccupations environnementales et de biodiversité s’accroissent, mettent désormais en œuvre une gestion différenciée des espaces verts », explique Michel Straëbler, secrétaire général de la section Semences fourragères et gazon du Gnis. Dès lors, difficile pour les fournisseurs de semences et de végétaux de comprendre rapidement l’objectif final de l’espace à exploiter. En effet, quels critères priment quand on demande que l’espace vert soit agréable à voir ? Nécessite peu d’entretien ? Permette moins de tonte ? Ne soit pas source de dégradation ? Accueille la biodiversité animale ? « Nous avons constaté un vrai problème de compréhension et de classification des espaces, du fait que chaque ville a mis en place sa propre classification des espaces verts », révèle Michel Straëbler.

Problème N°2 : des gazons considérés à « usage unique »

Des idées fausses circulent à propos des semences utilisées pour les pelouses. En effet, ce n’est pas parce qu’une espèce est utilisée sur des gazons d’ornement qu’elle est fragile ou qu’elle demande beaucoup d’eau et d’azote. Bien au contraire. « Les variétés gazons les plus fines sont celles qui poussent le moins et plusieurs espèces gazon se comportent très bien en conditions de gestion extensives : fétuque élevée, fétuque ovine, etc... », précise Michel Straëbler.

Des espaces verts classifiés selon leur usage et la tonte

Il fallait donc permettre de préciser les objectifs prioritaires des donneurs d’ordre des municipalités et déterminer les espèces gazon à utiliser selon les besoins. C’est ce qu’a permis un travail national de définition, réalisé par la Société française des gazons (SFG) en 2010 : l’association a proposé trois nouvelles classes d’espaces verts pour compléter la caractérisation actuelle des pelouses [1] (voir interview). Sont mis en avant les critères suivants : l’utilisation des espaces et leur niveau d’entretien (fréquence et hauteur de tontes). Une pelouse alternative extensive de classe 1 caractérisée par exemple par un espace maintenu à une hauteur moyenne comprise entre 7 et 9 cm. « Les espèces qui composent cette pelouse poussent moins vite. Il s’agit toujours de gazon, mais on met en avant d’autres caractéristiques associées à certaines graminées », remarque Michel Straëbler. Ces définitions précises et validées par la filière du gazon a permis ensuite au Gnis de positionner des solutions de semences et de plantes adaptées aux caractéristiques de ces nouveaux espaces verts. Sa brochure « A chaque pelouse… sa réponse semences ! » détaille désormais, pour six classes d’espaces verts (sport, ornement, détente, classe 1, classe 2 et classe 3), les espèces et types variétaux adaptés selon le degré d’extensivité et l’impact environnemental. Les réponses végétales sont donc appropriées à chaque type d’espace. « Derrière les semences, il y a un métier qui justifie une vraie expertise sur ce sujet. C’est pourquoi il était important de clarifier la demande et l’offre pour montrer que le monde des semences pouvait répondre à des besoins de plus en plus diversifiés».

Améliorer la qualité de l’offre et de la demande

Cette brochure vise in fine à améliorer la qualité de l’offre et de la demande. « Ce que ça peut et doit changer ? La relation contractuelle entre les fournisseurs et les donneurs d’ordre. Nous devons améliorer la compréhension des besoins et des possibilités de chacun », prône Michel Straëbler. «Pour que le donneur d’ordre sache exprimer clairement ses attentes et que le fournisseur de semences puisse lui proposer un produit qui y réponde ». Ce document, qui se veut précis et technique, est donc appelé à servir de base d’échanges avec le fournisseur. Il explicite les caractéristiques de chaque classe et fournit notamment des informations réglementaires. Et illustre pourquoi certaines semences, certifiées et donc garanties, coûtent plus cher que d’autres ! A la clé pour le donneur d’ordres : un appui pour construire une démarche commerciale claire et la possibilité de mentionner sur le contrat des exigences de qualité au fournisseur.

A long terme : de nouvelles espèces à développer

A l’heure actuelle, ce document a été largement diffusé auprès des municipalités et des semenciers. Son existence doit d’accompagner les fournisseurs dans la création de typologies de produits adaptées à certaines classes. « Ainsi, on obtiendrait une structuration de l’offre…qui ferait suite à une structuration de la demande. Le besoin et la réponse végétale pourraient alors se rencontrer, pour rendre le marché loyal et sain », espère Michel Straëbler. Certaines espèces ont déjà été développées pour répondre à ces nouveaux usages extensifs. Parmi elles, on trouve des légumineuses adaptées aux classes 2 et 3. C’est le cas des micro-trèfles, mais aussi d’une micro-luzerne, qui vient d’être inscrite au Catalogue officiel des espèces et variétés végétales. « C’est la première fois que l’on parle de légumineuse adaptées aux pelouses. Jusqu’alors, c’était un espace a priori réservé aux graminées. Les choses changent », constate-t-il. En graminée, le koeleria, une plante qui pousse lentement et nécessite peu d’apports en azote, fait également son apparition. «Des produits spécifiques à ces pelouses extensives se créent, et de nouvelles espèces sont sélectionnées. Il était donc important d’organiser les choses pour que chacun s’y retrouve» conclut Michel Straëbler. A télécharger sur le site du Gnis : ''A chaque pelouse... sa réponse Semences !''
Pourquoi est-ce si important de clarifier l’offre et les besoins en matière de pelouses extensives alternatives ? « Il est important de développer des programmes de recherche pour trouver les plantes les mieux adaptées aux pelouses extensives, indique ainsi Gilbert Turcan, administrateur de la Société française des gazons (SFG). car leurs besoins particuliers demandent de bien connaître les espèces adaptées. Ces dernières souffrent d’un manque de recherches et d’expérimentation, et de semences référentes en conditions de gestion extensive à même de satisfaire les nouvelles contraintes qui, de la résistance au piétinement pour les terrains de sport, passent au respect de la biodiversité, à davantage de résistance à la sécheresse, moins d’engrais, etc… ».

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