Prairies fleuries : jolies et surtout utiles à l’environnement

Des plantes fleuries, souvent qualifiées de « sauvages », réapparaissent sur les balcons, les jardins, les ronds-points des villes et aussi dans les prairies. Simple effet esthétique ? Retour vers des paysages d’antan ? Ces mélanges de graines fleuries, annuelles ou pérennes que proposent de nombreux semenciers sont -certes- agréables à l’œil mais ils sont également utiles à l’environnement.

Jachère fleurie © Gnis-Sébastien Champion

Les prairies fleurissent en ville

La construction d’immeubles ou d’infrastructures routières qui caractérisent les villes ne sont pas sans impact sur les paysages et la biodiversité. C’est pour cela que les architectes, les paysagistes et les responsables des espaces verts adoptent de plus en plus les prairies fleuries car elles maintiennent des espèces animales et végétales en milieu urbain. Elles limitent généralement l’entretien des espaces verts et peuvent perdurer ainsi plusieurs années. Et, cerise sur le gâteau, elles protègent également les zones sensibles malmenées par les constructions et les aménagements urbains, grâce à des choix judicieux de mélanges. Aujourd’hui, beaucoup de villes ont adopté ces prairies fleuries pour leurs beautés mais aussi pour des raisons écologiques et économiques.

Les fleurs font leur retour dans les campagnes

Longtemps, les zones fleuries n’étaient implantées sur que sur les sols pauvres ou en pente, les zones inondées ou les jachères. Mais avec la diminution d’insectes pollinisateurs et de nombreuses plantes et animaux présents autrefois naturellement dans les cultures, l’idée de réintroduire des haies et des bandes enherbées et fleuries a fait son chemin pour maintenir et développer une biodiversité animale et végétale. Un champ de fleurs, qu’on appelle aussi jachères fleuries, est une source permanente d’alimentation pour de très nombreux insectes comme les abeilles, coccinelles, papillons, coléoptères... qui à leur tour sont une source d’alimentation pour les oiseaux et autres insectivores… Bref, un retour vers des écosystèmes bien vivants, et bien utiles aussi pour les grandes cultures avoisinantes, les vergers ou les vignes. Ces prairies rendent en effet un certain nombre de services environnementaux comme la pollinisation, la régulation des ravageurs, le maintien de la qualité des sols ou encore la diminution de l’érosion.

Plus de biodiversité, plus de stockage de carbone

Avec l’augmentation des gaz à effet de serre, corrélée au changement climatique, la séquestration du carbone dans le sol est devenue un enjeu clef de l’agriculture. On pense très souvent à la capacité de la forêt à séquestrer du carbone, mais fait moins connu, les prairies permanentes en séquestrent tout autant ! Ainsi, à l’échelle de la France, les prairies et les haies permettent de compenser environ 30% des émission de gaz à effet de serre de l’élevage. La tendance actuelle est de privilégier des espèces riches en protéines et tolérantes à la sécheresse mais aussi de les coupler avec des espèces fleuries. Depuis 2007, cette démarche est encouragée dans le cadre du projet agro-écologique et fait l’objet d’un concours général agricole, au même titre que les animaux et les produits, avec un palmarès dévoilé lors du salon de l’agriculture.  Car pour un agriculteur, une belle prairie, riche en biodiversité, c’est d’abord la promesse d’un bon fourrage. C’est aussi une des pistes innovantes pour produire de la viande dans des fermes dites à « bas carbone », c’est-à-dire des élevages qui diminuent ou compensent au maximum leurs émissions de gaz à effet de serre. 

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Les plantes fourragères : biodiversité et sélection

Laurence Poinsard, sélectionneuse graminées pour les Ets Carneau. Production : Métaphore, © GNIS 2012

57 territoires organisent le concours en 2016, dont 25 territoires en Parcs Naturels Régionaux, 3 en Parc National et 14 Chambres d'Agricultures. On retrouve aussi des associations de protection de la nature, des ADASEA, des CPIE ou encore des syndicats mixtes non-PNR.

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