La ville attend tellement de ses espaces verts

Les grandes villes n’ont jamais autant mis en avant leurs espaces verts. Le jardin pénètre de plus en plus la ville. New York affiche fièrement ses trois mille parcs sur ses prospectus touristiques ; Paris vente ses « écrins de verdure secrets » et développe des espaces verts « insolites » à la suite des réaménagements urbains ; Berlin est un modèle en matière de parcs intégrés dans la ville puisque 30% de sa surface en est couverte. Un récent sondage révèle que sept Français sur dix choisissent leur lieu de vie en fonction de la proximité d’un espace vert. Pour accompagner cette tendance, le GNIS vient de publier un document  intitulé « La ville attend tellement de ses espaces verts », diffusé à 10.000 maires.

Les espaces verts, « poumons » des villes

Les citadins déplorent ne pas avoir suffisamment d’espaces verts au voisinage de leur habitation. Ce besoin de verdure, de nature, semble essentiel. Les parcs sont lieux de détente, de joie, de beauté, de promenades, de rencontres, de recueillement. Trois Français sur quatre fréquentent les espaces verts de leur commune. La présence d’un jardin demeure d’ailleurs l’un des premiers ressorts pour améliorer la qualité de vie en ville. Selon un sondage effectué en 2010(1), plus de 90 % des français affirment que le contact avec les plantes, les végétaux et les jardins est fondamental dans la qualité de leur vie quotidienne. 20 % des Français regrettent ne pas avoir plus de liens avec la nature et les jardins. S'ils étaient élus locaux, 42 % d'entre eux auraient comme priorité d'aménager des parcs et jardins et d'améliorer les espaces verts. 31 % proposeraient même des projets de rénovation urbaine entièrement guidés par le végétal. (1) :  Enquête UNEP/Ipsos 2010, Le jardin, un bien social à partager - Les Français font le choix du vert

Le végétal, source de santé

ans une société comme la nôtre, éloignée de la nature, le besoin est fort de renouer avec le végétal. Sa présence rafraîchit, détend, renforce. L’espace vert est bénéfique au sein d’un environnement fortement artificialisé, où tout semble renvoyer à l’homme. Il contribue à la fois à notre santé psychique et physique. Là où la verdure s’est retirée, la souffrance semble avoir gagné du terrain. Des études ont par exemple montré l’impact positif des espaces verts sur les malades atteints d’Alzheimer. L’hortithérapie, soin axé essentiellement sur le contact avec le végétal, se développe également.

Une nécessité écologique

Si les espaces verts occupent une place de plus en plus importante dans les plans d’urbanisme de nos villes, ce n’est pas seulement pour répondre à la demande croissante des citadins « en manque de vert ». Les espaces verts sont plus qu’un plaisir pour les yeux. Ils s’intègrent harmonieusement au paysage, jouent un rôle dans la gestion des eaux, tempèrent le bruit et la chaleur, contribuent à la qualité de l’air, piègent le gaz carbonique, participent ainsi au bien-être général des habitants. Certains urbanistes et paysagistes préconisent d’aménager des espaces verts et de planter des arbres pour apporter de l’ombre sur les bâtiments, les routes, les toitures. Les municipalités, dont les préoccupations environnementales et de biodiversité s’accroissent, mettent désormais en œuvre une gestion écologique, dite « gestion différenciée des espaces verts ».

Les gazons, éléments phares des espaces verts

Si la notion d’ « espace vert » évoque pour nous immédiatement les arbres, les fleurs, les allées bordées de massifs et de bancs publics, les gazons sont essentiels en termes d’équilibre, d’esthétique, de biodiversité. Depuis plusieurs dizaines d’années, les sélectionneurs ont amélioré les espèces et les variétés qui peuplent nos gazons, et les ont adapté à des usages spécifiques : ornement, agrément, sport et loisirs. Le gazon peut être un pauvre en termes de biodiversité s’il est mono-spécifique (constitué par une seule espèce). Une « gestion différenciée » permet au contraire une transition vers une « prairie » contenant plusieurs espèces (graminées et légumineuses), éventuellement fleurie, plus rustique, plus résistance au piétinement, et favorable à la biodiversité. Quelques exemples illustrent bien le rôle, parfois invisible, des gazons. En été, la température de l’air est bien plus fraîche au-dessus d’une pelouse qu’au dessus d’une surface bétonnée. L’engazonnement divise par cinq la propagation des nuisances sonores comparé à une surface en béton ; le gazon sur les voies d’un tram participe au silence de ce moyen de transport. Enfin, 230 mètres carrés de pelouse fournissent l’équivalent des besoins annuels en oxygène d’une famille de quatre personnes !
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Quand la tonte devient un art, ou comment créer des vagues dans sa pelouse...

Graines de paysage (extrait) - © France 3, Métaphore production, TLP 2008

Un dépliant technique permet aux services techniques des espaces verts : - de caractériser les espaces verts à enherber, - de déterminer les réponses végétales adaptées aux différents besoins, - d’apprécier les garanties apportées par la réglementation sur les semences. Ce document doit permettre aux collectivités et aux fournisseurs de semences de partager les mêmes références pour mieux comprendre les besoins et les offres semences. Dans cette démarche, le GNIS s'appuie sur la classification des pelouses alternatives-extensives de la SFG (Société Française des Gazons). A télécharger sur le site du Gnis : ''A chaque pelouse... sa réponse Semences !''
Le ray-grass anglais et les fétuques rouges sont les deux principales espèces utilisées en gazon. La première allie facilité d'implantation et bonne résistance au piétinement. Les deuxièmes sont recherchés pour leur esthétique et pour leur plus faible besoin d'entretien. Une espèce à implantation rapide limite le développement des mauvaises herbes et réduit les coûts de désherbage. Le ray-grass anglais est l'espèce qui s'installe le plus rapidement, fétuque élevée et pâturin des prés étant les plus lentes. En termes de densité, le pâturin des prés et la fétuque ovine produisent peu, au contraire de la fétuque élevée. Le ray-grass anglais est devenu une espèce à croissance parmi les plus lentes grâce aux travaux d’amélioration réalisés par la sélection.
Les espaces verts deviennent un lieu de vie à part entière, et non plus seulement un lieu de promenade. On s’y retrouve pour pique-niquer, on y fait de la gymnastique, de la danse collective. On s’y rend comme à la plage, pour prendre le soleil sur l’herbe, en famille. Les professionnels de la filière semences ont ainsi sélectionné des gazons pour répondre aux différents objectifs des espaces verts, que ce soit la détente, l’ornement, le sport et les jeux : feuillage fin, tapis dense, croissance lente ou à l’ombre, rusticité, résistance au piétinement, aux maladies, à la sécheresse, ou à la tonte rase. La qualité et la beauté d’un gazon, hiver comme été, dépendent de l’ensemble de ces caractères. Des mélanges d’espèces (graminées et légumineuses) ont été spécialement élaborés pour favoriser la biodiversité, apportant refuges et nourriture à la faune présente.

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