Dès lors, quelles plantes, et quelles parties des plantes, sont privilégiées par la chimie du végétal ? Toutes, pourrions-nous répondre. Car les industriels explorent, testent, quantifient, mélangent et ne cessent de rechercher de nouvelles utilisations aux ressources végétales existantes. Ils s’orientent de plus en plus vers une approche intégrée, utilisant la plante entière afin de transformer la biomasse en bioénergie et en produits biosourcés. Néanmoins, si on excepte le coton, le chanvre et le lin, les plantes de grande culture n’ont jusqu’à présent pas été sélectionnées pour fournir des produits non alimentaires utilisables par les chimistes. Sans compter les potentialités des plantes sauvages ! Un énorme travail de sélection et de
domestication reste donc à accomplir pour obtenir des plantes productrices de molécules d’intérêt.
Dans cette optique, « la sélection peut apporter dans tous les domaines des solutions génétiques permettant d'optimiser l'adaptation des productions à ces différents objectifs », estimait l’Académie d’Agriculture de France en 2006, une position réaffirmée en 2012 : « La chimie du végétal est devenue un axe prioritaire de recherche et de développement dans le monde entier. A ces molécules, il faut faire correspondre des plantes capables de les synthétiser : plantes existant déjà (de grande culture, sauvages et éventuellement exotiques) ou plantes à définir dans le futur par génétique classique ou par
transgénèse. » On peut également faire croître la biomasse à des fins industrielles, complète l’association Pollution Probe : « Dans certains cas, on peut
sélectionner ou modifier génétiquement des cultures et des arbres pour qu’ils fournissent une biomasse d’une qualité ou d’une composition particulière afin d’en rendre la transformation technologiquement et économiquement possible » [
note 3].
Un frein toutefois à ces beaux projets : même s’ils parviennent à identifier les
gènes permettant de synthétiser les éléments intéressants, les scientifiques maîtrisent mal leur régulation. Ils devront donc poursuivre leurs recherches pour obtenir des rendements compatibles avec les exigences économiques des années à venir.
Sources :
[1]
Ademe, Panorama et potentiel de développement des bioraffineries - 2010.
[2]
PROLEA
[3] Pollution Probe, Notions élémentaires sur les bioproduits - 2004 :
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