Pâtes, semoule, boulgour. Leur point commun : le blé dur ! Cette céréale occupe une place importante dans notre alimentation : un Français consomme en moyenne 8,7 kg de pâtes et 1,4 kg de couscous par an. Pourtant, si la France figure parmi les principaux producteurs européens de cette céréale, elle importe une grande partie des produits qui en sont issus. En 2024, elle en a produit environ 1,2 million de tonnes, ce qui en fait le deuxième producteur de l’Union européenne, derrière l’Italie. Mais 650 000 tonnes ont été exportées sous forme de grains, soit plus de la moitié de la production, tandis que 65 % des pâtes consommées en France sont importées, principalement d’Italie et d’Espagne. A cet enjeu de valorisation de la production française, s’ajoute celui de l’érosion des surfaces.
« Pour 2026, la France totalise 212 000 ha de blé dur, contre un pic à 505 000 ha en 2010 », chiffre Frédéric Gond, le président du Comité de pilotage de la filière blé dur en France. Exploitant agricole entre Orléans et Blois sur 190 ha, il cultive lui-même du blé dur chaque année, sur 20 à 25 ha. « Ce sont mes parents qui ont démarré la culture sur la ferme familiale dans les années 1970. » La culture du blé dur traverse ainsi la Méditerranée dans les années 1950 pour se déployer sur l’Hexagone, dans un premier temps dans le Sud-Est avec des variétés provenant d’Afrique du Nord. Ensuite, la culture progresse, grâce aux évolutions variétales, permettant au blé dur de se déployer sur plusieurs bassins.