Des plantes qui désaltèrent

Qu’y a-t-il de commun entre des jus de fruits et de légumes, du lait végétal, de la bière ou de l’alcool distillé ? Réponse : ces boissons sont issues de plantes avant d’être plus ou moins transformées.
Boire est un besoin impératif. Nous utilisons pour des raisons nutritionnelles et physiologiques environ deux litres d’eau par jour que nous compensons par les aliments et les boissons : de l’eau, des jus de fruit, du lait végétal ou animal... Avec grande modération, on peut aussi consommer des boissons alcoolisées qui sont issues de fermentation de plantes suivies ou non de distillation.

Parcelle de sélection d'orge © Gnis

Les jus de fruits et de légumes, élixirs de santé

Les jus extraits de légumes frais et crus fournissent à nos cellules et à nos tissus l’apport de tous les éléments nutritifs dont ils ont besoin. Ils permettent notamment de faire le plein de vitamines, de minéraux et de sucres, car leur assimilation est directe et rapide. D’où l’engouement pour les « jus détox » pour être en forme !

Mieux, et c’est un point d’accord entre scientifiques et médecins, les fruits et légumes ont un effet protecteur sur la plupart des cancers, en particulier ceux des voies aérodigestives supérieures (œsophage, cavité buccale, larynx, pharynx), de l’estomac, du poumon, du côlon et du rectum.

Les bienfaits des laits végétaux sur la santé

Les laits végétaux sont devenus au fil du temps les boissons préférées des végétariens et tiennent désormais une place de premier choix dans les boutiques bio et les rayons diététiques des grandes surfaces. Si le lait de soja est le plus connu, il existe d’autres laits végétaux tels que les laits de céréales (riz, avoine, épeautre, seigle…), les laits d'amandes, de noisettes, de noix ou encore de châtaignes.

Ces laits sont généralement consommés en substituts au lait de vache. Ils sont généralement plus faciles à assimiler par l’organisme. Ils sont pauvres en graisses saturées et ne contiennent pas de lactose. Le lait de soja, par exemple, contient des protéines végétales de bonne valeur biologique et des acides aminés essentiels qui permettent la prévention de l’ostéoporose (et diminuent de manière aléatoire les symptômes de la ménopause) mais surtout qui diminuent le cholestérol sanguin. Par contre, ce lait de soja peut provoquer des risques allergiques et inactiver certains traitements. Il est déconseillé pour les femmes enceintes et les nourrissons.

Du malt préparé à partir de grains d’orge germés et séchés pour produire de la bière

Une bonne bière, c’est avant tout… une bonne variété et une semence certifiée ! La recherche variétale en orges brassicoles est une force française depuis des décennies. Chaque année, malteurs et brasseurs de France publient une liste de « variétés préférées » au regard de leurs exigences technologiques. Pour fabriquer 1 litre de bière, il faut en moyenne 200 grammes de malt, soit environ 120 grammes d’orge brassicole. Tout l'art du malteur réside dans le choix des variétés d’orge pour produire les 300 bières recensées en France.  La bière a eu historiquement des vertus cosmétiques et médicinales. Au XIXe siècle, la bière était encore fabriquée et vendue en pharmacie, additionnée de plantes aux vertus diverses. Aujourd’hui, la bière est en vente libre mais on recommande sa consommation aux adultes avec modération, comme toute boisson alcoolisée.

Boissons fermentées et distillées

D'autres végétaux, céréales encore ou féculents, peuvent également être fermentés s'ils contiennent une source suffisante d'amidon ou de sucres fermentescibles. Le saké japonais est une « bière » de riz, mais sa teneur en alcool se rapproche davantage de celle des vins (14 à 17 %). Le pulque, boisson d'origine mexicaine, résulte de la fermentation de la sève sucrée d'une plante grasse (l’agave).

Les boissons fermentées peuvent être distillées, ce qui permet d'en extraire l'alcool et autres substances volatiles. Les eaux-de-vie naturelles peuvent être le produit de la distillation de boissons fermentées courantes (cognac, armagnac ou brandy à partir du vin, calvados du cidre, whisky de la bière ou tequila du pulque), mais plusieurs d’entre elles proviennent de produits végétaux fermentés dans le seul but de les distiller. C'est le cas de la fermentation des cerises (kirsch), de la canne à sucre (rhum), du maïs (bourbon) et de pomme de terre (vodka).

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De l'eau des rizières à la bière

Jacques Rozière, Riziculteur. Production : Métaphore, © GNIS 2012

La première gorgée de bière remonte à l’Antiquité. En Égypte, elle constituait, avec le pain, le repas normal du paysan et de l’esclave. Plus tard en Gaule, on consommait beaucoup de bière ou cervoise. Mais ce sont les moines qui vont donner à la bière ses lettres de noblesse. C’est au Moyen Âge que la bière coula pour la première fois à flots dans les abbayes. Les moines ont commencé à brasser leur bière pour deux raisons : la peur de boire de l’eau qui véhiculait des maladies et des épidémies mortelles et la loi de l’hospitalité envers les pèlerins. Les moines vont consciencieusement recueillir toutes les traditions anciennes de fabrication et progressivement améliorer les matières premières et le brassage. Ils vont surtout introduire un autre élément-clé de la recette de la bière actuelle : le houblon, qui va lui apporter saveur, amertume et limpidité.
Hergé, précurseur d’une marque de whisky Dans les aventures de Tintin, le capitaine Haddock, qui boit assez facilement (!), a un whisky préféré, le « Loch Lomond ». Cette marque n’existait pas quand le dessinateur Hergé l’a mise en scène pour la première fois. Ce n’est qu’en 1965, un an après son apparition dans la bande dessinée, que fut créée la distillerie du même nom. Cette distillerie a la particularité, unique en Écosse, de produire à la fois du whisky de grain et du whisky de malt sur le même site. Le cognac de la paix Le 11 novembre 1918, l’armistice mettait fin à la première guerre mondiale. La signature officielle eut lieu dans le train stationné en forêt de Compiègne, à Rethondes. Le maréchal Foch représentait l’armée française, le général d’Etat-Major Von Winterfeld, l’armée allemande. L’histoire veut qu’un cognac fut servi après la signature, scellant une paix (provisoire) entre la France et l’Allemagne. Le saviez-vous ? En Armagnac, les Romains introduisirent la vigne, les Arabes l'alambic et les Celtes le fût. De la rencontre de ces trois cultures est né l'Armagnac. Du biocarburant à partir de whisky Faire rouler les voitures grâce à du whisky ? Cela pourrait être une possibilité. Des chercheurs du Centre de recherche sur les biocarburants de l'université Napier d'Edimbourg (Ecosse) ont déposé en 2010 le brevet d’un nouveau biocarburant élaboré à base de whisky. Les scientifiques ont en réalité utilisé deux principaux sous-produits découlant de la fabrication de la célèbre boisson écossaise : le «pot ale», un résidu liquide restant dans les alambics de cuivre après la première distillation, et le «draff», qui provient du brassage d'orge et d'eau. Payer cash «Kash», c'est ainsi que l'on appelait les bières servant à payer les tailleurs de pierres travaillant sur les pyramides dans l'ancienne Egypte. Ce mot à donné «cash» en anglais et a généré l’expression « payer cash ». Un peu d’humour «On peut juger une bonne bière en une seule gorgée, mais il est prudent de vérifier sa première impression.» (proverbe tchèque)
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